Le rythme de croissance de l'éolien dans le monde est « globalement soutenu ». C'est le bilan du dernier baromètre Eurobserv'er. La puissance installée en 2012 atteindrait ainsi 44,2 GW pour une capacité cumulée de 281 GW. Sur ce total, l'Europe garde certes une longueur d'avance, « fruit d'une trentaine d'années de développement ». Mais désormais, la course se joue à trois. D'une part, l'écart avec l'Asie se resserre : 38,8 % de la capacité en fonctionnement est européenne et 34,8 % est asiatique. D'autre part, l'Amérique du Nord ne se laisse pas distancer (23,6 %). Elle a même tenu tête à l'Asie en 2012 avec une part de marché de 31,8 % sur l'année (35,6 % pour l'Asie et 28,7 % pour l'Europe). Dans le détail, la Chine a certes marqué le pas en 2012, mais temporairement. Elle n'a installé « que » 13,2 GW contre 17,6 GW en 2011, car son réseau électrique a peiné à suivre le rythme. Mais 18 GW seraient déjà prévus pour 2013. De même, si le marché indien a ralenti suite à la révision de ses dispositifs de soutien, ses perspectives « restent intéressantes, compte tenu des besoins énormes du pays en électricité », selon Eurobserv'er. La situation est plus nuancée en Europe. Les pays de l'Est (Pologne, Roumanie, Autriche) et du Nord (Suède, Allemagne) y créent la dynamique, tandis que l'Espagne, le Portugal et la France tournent au ralenti. Dans l'Hexagone, « les nouvelles capacités raccordées au cours de l'année 2012 sont en repli de 9 % par rapport à 2011 », confirme le CGDD dans son dernier tableau de bord. « L'éolien présente aujourd'hui les caractéristiques d'un marché à risque : un fort potentiel, une concurrence exacerbée avec des industriels chinois obligés de trouver de nouveaux relais de croissance hors de leurs frontières et une croissance actuelle modérée », analyse Philippe Fornies, directeur associé d'Avenium Consulting. La société de conseil a analysé les stratégies des acteurs de la filière. Son constat ? Une augmentation des litiges liés à la propriété industrielle. Sur la période 2000-2012, le nombre de brevets auraient été multiplié par 10. La bataille est bel et bien engagée.