Sur le papier, le chiffre est réconfortant : 423 millions d'euros ont été investis en 2012 au capital de 73 entreprises françaises du secteur des « cleantech ». Un record, selon l'Association française des investisseurs pour la croissance (Afic), depuis la création il y a trois ans de son baromètre annuel (182 millions en 2011, 263 millions en 2010). Mais ce chiffre masque une réalité plus contrastée. D'une part, l'investissement de 100 millions d'euros du FSI chez Paprec gonfle à lui seul la statistique. D'autre part, la majorité des fonds a été apportée dans des sociétés matures. Le capital-risque dans des « jeunes pousses » n'a représenté que 79,5 millions d'euros, soit 19 % des investissements. Enfin, les renouvelables ont été distancées par les acteurs du recyclage, au modèle économique plus éprouvé. Ces évolutions reflètent « l'adaptation des investisseurs à un environnement économique incertain et à des changements réglementaires en France non concertés, qu'il s'agisse de la révision des tarifs d'achat dans le photovoltaïque, de la dénonciation de ceux de l'éolien, du poids accru des nouvelles puissances au niveau industriel, ou encore de l'accès au financement bancaire limité pour de nouveaux projets », estiment les auteurs du baromètre.