Un repli de 2,2 % en 2012 après une chute de 10 % en 2011. L'Union européenne vient de connaître sa deuxième année de baisse consécutive de sa consommation de gaz naturel, selon les chiffres provisoires d'Eurogas, l'association des gaziers européens. Cette série inédite marque le début d'un profond changement de modèle économique pour les producteurs européens d'électricité et de chaleur. L'allemand E.On a récemment été contraint de fermer en Bavière une centrale à gaz vieille de seulement trois ans et dans laquelle il avait investi 400 millions d'euros. Celle-ci ne fonctionnait qu'à 25 % de ses capacités. Certes, ce repli est accentué par la crise économique et le recours aux énergies bon marché comme le charbon. Mais il s'explique pour beaucoup, selon Eurogas, par la concurrence accrue des producteurs d'électricité renouvelable. Selon les projections, cette tendance devrait se renforcer dans les prochaines années, obligeant les grands énergéticiens à accélérer leur virage vers de nouvelles ressources, au risque de mettre en péril leurs modèles financiers. Selon l'OCDE, le PIB mondial devrait augmenter de 30 % d'ici à 2035, à 139 000 milliards de dollars. Il pourrait même quadrupler au cours des 50 prochaines années. Or, plus les nations deviennent « riches », plus leur consommation d'énergie par unité de PIB se réduit, grâce aux mesures d'économies et de promotion des technologies propres. Cette croissance nécessitera 37 000 milliards de dollars d'investissement dans l'énergie d'ici à 2035, calcule l'AIE, dont 17 000 milliards dans la production d'électricité. Or, sur ce montant, en soustrayant les 7 000 milliards liés au réseau, plus des deux tiers – soit environ 6 000 milliards – concerneront les renouvelables. Soit 230 milliards de dollars par an pendant 23 ans. Cette estimation s'avère prudente, selon les analystes de Citigroup. Ces derniers rappellent que les investissements dans les renouvelables s'élevaient déjà en moyenne à 250 milliards de dollars par an ces derniers temps.