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L'exploitation minière en mal de recherche

LA RÉDACTION, LE 8 AVRIL 2013
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Gallium, indium, terres rares… Qui dit production d'énergie décarbonée par le solaire ou l'éolien, dit extraction de métaux de base et de métaux stratégiques. Si l'impact environnemental des combustibles fossiles se traduit essentiellement par les rejets atmosphériques, celui des métaux est beaucoup plus local et diffus. « C'est un problème d'exploitation minière ; il se traduit essentiellement par la pollution de l'eau. En outre, les métaux de haute technologie sont naturellement liés à d'autres éléments chimiques et donc extraits à de très faible concentration  », précise Bruno Goffé, délégué scientifique à l'Institut national des sciences de l'univers du CNRS. Avec l'intérêt croissant des politiques publiques pour la transition énergétique, la maîtrise des cours des matières premières minérales devient une question pressante pour l'Europe, qui ne produit plus actuellement que 3 % des métaux qu'elle utilise (en Pologne, Finlande, Suède et Norvège). L'envolée des prix enregistrée jusqu'en 2011 sur les terres rares pourrait l'avoir fait réagir. Cette situation a résulté de la conjoncture particulière, entre une hausse de la demande des nouveaux secteurs industriels et le quasi-monopole pris par la Chine sur le marché mondial. La réduction des quotas d'exportation fixés par les Chinois sur les terres rares a non seulement provoqué l'inquiétude de gros importateurs comme le Japon, mais elle a déjà poussé certains pays à sécuriser leur stock. Par exemple, les États-Unis ont décidé de rouvrir leur mine de terres rares de Mountain Pass en Californie. «  Les choix énergétiques sont directement influencés par le coût de la réserve. Or en Europe et en France, on se heurte à un vrai manque de connaissance sur l'estimation des ressources minérales. L'inventaire minier français a plus de 40 ans alors que l'extraction des métaux stratégiques a commencé il y a juste vingt ans », analyse Bruno Goffé. Face à ce nouvel enjeu, un réseau européen ERA-MIN, coordonné par le CNRS, avait été mis en place en 2011 sur quatre ans pour structurer la recherche européenne. Un groupe miroir en France rassemble une soixantaine d'organismes. Ils sont chargés d'élaborer une feuille de route de la recherche sur les ressources minérales. Jugée trop amont, celle-ci ne bénéficie aujourd'hui d'aucun crédit complémentaire de l'ANR, de l'Ademe (hormis sur le recyclage) ou de l'industrie. D'après Bruno Gaffé, pour l'instant, «  la recherche publique française ne peut pas espérer bénéficier de plus de 4  millions d'euros par an de crédits. Là où l'Allemagne vient de lancer un programme de recherche sur cinq ans auquel elle alloue 200 millions d'euros ». Depuis deux à trois ans, une stratégie sur les métaux stratégiques a émergé au Bureau de recherche géologique et minière (BRGM). En 2013, quatre nouveaux programmes de recherche y seront liés (approvisionnement en ressources minérales, gitologie, recyclage des métaux stratégiques et économie des matières premières et secondaires). Ils représentent environ 10 % des 47 millions d'euros annuels que lui alloue l'État. Dans le cadre du comité des métaux stratégiques (Comes) lancé en 2011, la relance d'un nouvel inventaire minier et l'adoption d'une approche de recherche « mine responsable  » sont aussi en discussion entre le BRGM et l'État. «  Aujourd'hui, nous avons identifié les verrous technologiques liés à l'extraction de ces ressources minérales et à leurs impacts environnementaux. Pour aller plus loin dans la compréhension des nouveaux gisements, qui seront forcément plus profonds et donc plus difficiles à exploiter, l'État devra nécessairement investir et lancer un programme national de recherche, juge Catherine Truffert, directrice de la recherche au BRGM. Mais l'acceptabilité sociale de tels projets reste encore un frein ». La réouverture des mines en France, un scénario envisageable ? Seule certitude, un potentiel de gisements existe, notamment sur les anciennes mines de plomb zinc dans les Cévennes ou dans les Pyrénées.


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