Les mesures de soutien redonnent-elles espoir à la profession ?
Il y a un regain d'optimisme. Mais nous restons perplexes. Des incertitudes subsistent sur l'issue du débat sur la transition énergétique. Le SER y est le rapporteur du groupe de travail sur les énergies renouvelables. Le 25 avril, son rapport sera présenté au conseil national du débat. Mais l'organisation est telle que la question du financement est traitée par un autre groupe. Il faut certainement s'attendre à des controverses. La difficulté, c'est que l'on nous demande de travailler sur le moyen terme alors que, pour nos adhérents, le mois prochain parait déjà loin…
Le SER vient d'alerter la ministre de l'Écologie...
Nous avons rencontré Delphine Batho au sujet des récents appels d'offres pour le photovoltaïque. Ils ne nous satisfont pas. Pour les installations de 100 à 250 kW, l'État va devoir notifier le critère carbone à la commission européenne, ce qui prendra six mois. Et un délai d'un semestre supplémentaire a été accordé à la commission de régulation de l'énergie pour examiner les candidatures. Au total, cela fera un trou d'air un an. Nous avons aussi discuté des puissances supérieures à 250 kW, car nous avions été surpris par nos difficultés de compréhension avec l'administration sur l'écriture du cahier des charges. L'idée des critères carbone et de R&D est de favoriser l'industrie française. Mais nous ne sommes pas sûrs d'y parvenir. Une réunion de concertation est prévue en avril pour, notamment, préparer le prochain appel d'offres.
La situation de l'éolien est-elle meilleure ?
Comme le photovoltaïque, l'éolien est au milieu du gué. La loi Brottes apporte un grand soulagement. Même si rien n'est garanti, je pense que la ministre fera le nécessaire pour la mettre en œuvre. Mais ces simplifications administratives n'auront d'effets que l'an prochain. En 2013, seule la levée des incertitudes sur les tarifs d'achat pourra avoir un impact positif. Le contentieux est instruit par la Cour de Justice européenne. L'État et le SER doivent être auditionnés d'ici à la fin du mois. Nous pensons convaincre que le tarif d'achat n'est pas une aide d'État, puisqu'in fine c'est le consommateur qui paye. Donc l'État n'a pas à le notifier comme tel. Quant à l'offshore, le deuxième appel d'offres est un complément du premier. Le troisième est maintenant à lancer dans la foulée. Il faudra bien une année pour délimiter les zones et discuter d'un cahier des charges qui doit marquer une franche évolution du coût du kilowattheure. Sinon, l'éolien offshore ne se développera pas. C'est une discussion à avoir entre industriels et pouvoirs publics. Elle n'a pas commencé.