Pourquoi lancer cette nouvelle chaire ?
Les entreprises cherchent de nouvelles voies pour sortir de la crise. L'économie circulaire vise à gagner de l'argent en créant de la valeur sociale et environnementale. C'est une approche positive de la croissance. Mais il en existe aujourd'hui diverses définitions. Certains y voient du recyclage. D'autres, l'économie de la fonctionnalité. J'ai mené un travail d'un an pour identifier les entreprises qui se sentent concernées et les obstacles auxquels elles sont confrontées. Sur cette base, la chaire va avancer sur plusieurs axes. D'abord, faire de la recherche académique. Il s'agira notamment de définir l'économie circulaire. Bien au-delà du recyclage, nous parlons bien là d'une économie, dont l'entreprise n'est qu'un maillon. Nous chercherons à déterminer comment cette économie est structurée. Nous réaliserons aussi des études de cas sur des entreprises ou secteurs particuliers, puis les diffuserons comme outils pédagogiques. La chaire développera enfin des formations, initiales et continues.
Quels types de travaux allez-vous lancer ?
Comment utiliser les avantages concurrentiels d'une entreprise pour développer de nouveaux modèles économiques. Autre sujet, le comportement des consommateurs. Nous avons déjà fait travailler un groupe d'étudiants avec le cluster Capenergies, qui est notre partenaire, sur l'intégration du consommateur au smart grid. Parmi les obstacles au développement de l'économie circulaire, figure la législation : le travail est taxé, mais pas la consommation de ressources qui se raréfient. Il faut aussi trouver des moyens d'impliquer tous les acteurs d'une même chaîne de valeur. Pour y parvenir, notre objectif est de ne surtout pas rester dans notre tour d'ivoire de chercheurs. Plutôt de travailler sur des cas concrets avec des entreprises. En impliquant des ONG : nous sommes partenaires d'Orée, de l'institut Inspire, de la fondation Ellen MacArthur et de Green Cross France & Territoires.
Quels secteurs économiques sont concernés ?
Tous ! Les entreprises de service comme les industriels. La Poste, par exemple, est en train de repenser son modèle. Elle vend de moins en moins de courrier. Mais elle possède un atout exceptionnel : son maillage territorial. Elle va, chaque jour, frapper à toutes les portes ! Elle a déjà lancé le service Recy'go de collecte des papiers de bureau. Elle cherche maintenant d'autres services de proximité à fournir, autour de la logistique du dernier kilomètre ou de la relève de compteurs par exemple. Autre exemple : Orange se sait très dépendant des matières premières utilisées dans les téléphones portables. L'entreprise pourrait développer des solutions de traçabilité des matières qui intéresseraient aussi d'autres industriels. La SNCF est un autre partenaire de la chaire, autour de sa politique d'achats responsables.
Quel est le programme des prochains mois ?
Euromed va fusionner avec BEM, Bordeaux école de management. Le rapprochement sera effectif le 1er juillet pour donner naissance à Kedge business school. C'est une tendance générale en France. Pour être visible à l'international, les écoles de management doivent atteindre une taille critique. Les résultats de la chaire vont ensuite se répercuter très vite. Dès septembre ou octobre, des études de cas seront intégrées à nos formations existantes. Les premières publications de recherche pourraient arriver dans un an. À cette échéance, nous devrions aussi proposer des modules spécifiques de formation continue.