Calendrier et modalités de structuration d'une filière industrielle : c'est un véritable plan d'actions clés en main qu'a reçu le gouvernement. Le 3 mai, la mission d'étude sur les énergies marines renouvelables (EMR) a remis ses conclusions aux ministères du Redressement productif et de l'Écologie (voir EMC n° 168). Dans la foulée, le 13 mai, l'Ademe a ouvert un appel à manifestations d'intérêt sur les briques technologiques et démonstrateurs. Il sera clos le 31 octobre prochain. C'était l'une des recommandations de cette mission d'étude. Mais elle propose toute une série d'autres mesures à prendre elles-aussi rapidement, a réagi le syndicat des énergies renouvelables (SER) à propos d'une filière « qui a aujourd'hui plus que jamais besoin d'un soutien affirmé de la part de l'État », selon le SER. Et pour cause : les comparai-sons internationales « montrent qu'une forte concurrence se développe actuelle-ment », pointe le rapport. L'étude a été menée conjointement par le CGEDD (conseil général de l'environnement et du développement durable) et le CGIET (conseil général de l'économie, de l'industrie, de l'énergie et des technologies). Elle n'a pas porté sur l'éolien offshore posé. Elle s'est focalisée sur des sources d'énergie moins matures : l'hydrolien, « proche d'un développement industriel », l'éolien offshore flottant, « justifiant l'installation de fermes expérimentales d'ici à deux ans », l'énergie houlomotrice et l'énergie thermique. Outre un calendrier pour les fermes pilotes et commerciales, le rapport appelle à une planification spatiale des ressources et des impacts. Mais aussi à des simplifications administratives, notamment pour le raccordement au réseau électrique. En jeu : une « prise d'avantage compétitif face aux Britanniques ». La mission propose de créer dans le Code de l'énergie un chapitre spécifique pour les EMR, de mettre en place un « guichet unique » pour les développeurs, d'étoffer les compétences des services instructeurs de l'État, de créer un comité des financeurs, ou encore un « comité national d'orientation des énergies marines ».