Aliapur s'inquiète en constatant, en 2012, que 33 % des pneus ont suivi une filière de valorisation matière, contre 43 % en moyenne entre 2005 et 2012, principalement dans les gazons synthétiques (30 %), les aires de jeux et les sols souples (20 %) et les pièces moulées pour les voies de tramway (36 %). Autant de marchés dépendant des collectivités locales, dont les budgets sont en baisse. « Nous avons alerté les ministères de l'industrie et de l'écologie sur cette problématique. Nous espérons une incitation à des clauses favorisant les matières recyclées dans les marchés publics », explique Éric Fabiew, son directeur général. Et l'inquiétude d'Aliapur redouble face à l'inversion du rapport de force avec les cimentiers, qui ont valorisé dans leurs fours 48 % des pneus collectés (contre 40 % précédemment) : ces derniers commençaient tout juste à accepter de payer pour ce combustible de substitution aux énergies fossiles. Pourtant, Aliapur s'est particulièrement investi dans le soutien à l'innovation pour le recyclage des granulats, et se trouve confronté à la difficulté de commercialiser ses innovations. « Nous réfléchissons à publier les résultats de nos recherches, de manière à favoriser l'émergence de nouveaux marchés pour les entreprises ». Cette démarche d'innovation ouverte serait une première dans le secteur de déchets. Par ailleurs, en 2012, l'organisme n'a pas pu remplir ses objectifs. Fixés sur les volumes commercialisés l'année précédente (321 900 tonnes), ils sont déficitaires de 29 000 tonnes. La raison ? Les conducteurs roulent moins, changent leurs pneus plus tard, et le marché de la seconde vie émerge.