Élevée, modérée ou faible : quelle ambition la France doit-elle avoir en termes d'économies d'énergie à l'horizon 2050 ? Le conseil national du débat sur la transition énergétique a pu, le 30 mai, approfondir la question. Il auditionnait Gilles Vermot-Desroches et Pierre-André de Chalendar, respectivement directeur du développement durable de Schneider Electric et P-DG de Saint-Gobain. L'activité de ces deux sociétés est notamment portée par la maîtrise de la demande en énergie. C'est justement l'un des principaux points de clivage du débat en cours. Le 23 mai, lors de la précédente réunion du conseil national, le groupe de travail sur les scénarios prospectifs a ainsi affiché ses divergences sur le sujet. « Nous touchons à un point difficile et conflictuel. Mais c'est intéressant, car nous avons identifié le problème », souligne Laurence Tubiana, animatrice du débat. Les scénarios étudiés ont été répartis en quatre familles, se différenciant d'abord par l'évolution de la consommation, puis par l'équilibre entre nucléaire et renouvelables pour la production. « Il va bien falloir choisir une famille à approfondir », signale Alain Grandjean, président du groupe des experts du débat. Le nœud du problème se niche dans les objectifs climatiques, à savoir la division par 4 des émissions de gaz à effet de serre en 2050 (facteur 4). « Seuls les scénarios divisant la demande autour d'un facteur 2 atteignent le facteur 4 pour les émissions, tous gaz à effet de serre confondus. Les autres se focalisent sur le seul CO 2 », résume Maryse Arditi, de France Nature Environnement. Mais pour l'autre camp, notamment au Medef, une division par deux des consommations est inatteignable. « Tout le débat est là : où mettre le curseur entre l'offre et la demande pour que la France ne décroche pas sur le plan économique », reconnaît Robert Durdilly, président de l'Union française de l'électricité, représentant le Medef. La ministre de l'Écologie a réaffirmé que « si des compromis sont trouvés, ils s'imposeront au gouvernement » pour le projet de loi. Il reste pour cela deux séances au conseil national du débat : le 20 juin et le 18 juillet.