L'Ademe distribue les bons et mauvais points. À l'occasion de son Forum des innovations, organisé le 20 juin, l'agence a dressé un bilan des investissements d'avenir qu'elle gère. « Le forum se déroule dans le contexte du débat sur la transition énergétique. L'objectif est de montrer que les entreprises françaises se préparent à ce marché », cadre François Moisan, directeur stratégie, recherche et international de l'Ademe. Avec trois ans de recul, l'appréciation générale est plutôt bonne : les investissements d'avenir s'avèrent « un véritable outil d'accompagnement du risque pour franchir la délicate étape de démonstration des technologies », estime Jean-Guillaume Peladan, directeur du dispositif à l'Ademe. Le programme se montrerait « assez souple », tant pour structurer des filières (solaire, grand éolien, recyclage... ) que pour en transformer (automobile, gestion de l'électricité... ). À ce jour, l'Ademe a lancé 31 appels à manifestation d'intérêt (AMI). D'ici à décembre, 1,5 milliard d'euros devrait avoir été engagé, sur les 2,3 milliards qui lui ont été attribués. « Fin 2014, nous devrions avoir investi tous les crédits alloués », prévoit François Moisan. Un AMI sur les déchets doit sortir « très bientôt », glisse-t-il. Du côté des énergies marines, un deuxième devrait aussi venir, après celui lancé en mai. « Il y aura probablement une nouvelle édition sur les navires du futur », ajoute Jean-Guillaume Peladan. Car l'Ademe dispose d'un premier aperçu des satisfactions et des manques. Du côté des réussites : smart grids, véhicules hybrides, nouveaux services de mobilité, énergies marines... Et de celui des déceptions : véhicules électriques, biotechnologies, photovoltaïque à couche mince... Vraisemblablement des marchés pas assez mûrs. Pour le stockage d'énergie, les projets sont « bons », mais pas assez nombreux. Dans le bâtiment, l'Ademe regrette les difficultés pour articuler les aides à l'innovation – au-delà des investissements d'avenir – et le code des marchés publics. Elle va tout de même poursuivre ses travaux dans ce secteur, plus particulièrement sur le comportement des usagers.