ERDF a installé, à Niort, dans les Deux-Sèvres, le premier transformateur électrique utilisant de l'huile de colza comme isolant, en substitution aux huiles issues du pétrole. Le début d'une nouvelle filière, puisque 200 autres transformateurs sont concernés dans la région Poitou-Charentes. C'est la finalisation d'un projet lancé par EDF en 2006, poursuivi par ERDF, avec le centre de R & D Valagro et le chimiste DuPont. « Une opération pilote de trois ans, sur 12 transformateurs de 400 litres, a permis de valider les caractéristiques de l'huile », retrace Antoine Piccirilli, directeur scientifique de Valagro. Les résultats se sont avérés positifs : grâce à sa forte teneur en acide oléique, l'huile, peu insaturée, est stable dans le temps – un transformateur a une durée de vie d'au moins 30 ans – sa fluidité est constante entre - 20 et +220 °C. Ses huiles doivent en effet évacuer la chaleur produite par les variations de tension, et empêcher la formation d'arcs électriques dans le transformateur. Enfin, son prix est compétitif. « La formulation sélectionnée, biodégradable, est composée à 92 % de carbone d'origine renouvelable. C'est un mélange entre l'ester de l'huile de colza et l'huile de colza elle-même », précise Antoine Piccirilli. Le colza est produit localement, par une coopérative qui a sélectionné des semences à fort taux d'acide oléique. Pour l'instant, Valagro peut produire, en batch, 100 tonnes d'huile végétale, mais à terme, l'organisme de R&D devrait se concentrer sur la production de l'ester, la formulation finale devant être transférée à DuPont. En fin de vie, cette huile pourra être réutilisée comme lubrifiant ou utilisée pour la production d'énergie.