Dialoguer ne suffit pas. « Avec le gouvernement, nous avons des échanges intéressants depuis un an, mais il est temps de prendre des décisions », a asséné le 17 septembre Jean-Louis Bal, président du syndicat des énergies renouvelables (SER). Aussi nombreux soient-ils, les débats multi-acteurs comme la conférence environnementale, organisée les 20 et 21 septembre, ne remédieront pas aux situations aujourd'hui « alarmantes » que connaissent « un certain nombre de filières dans les énergies renouvelables », alerte-t-il. Pas plus que la future loi sur la transition énergétique, quelle que soit la date de son adoption. « Même si la loi avait été débattue à l'automne et votée au printemps prochain, il aurait fallu prendre des mesures sans attendre. » Ce diagnostic a été établi à l'occasion de la présentation du plan de relance des énergies renouvelables du syndicat. « Ce plan est une fusée à deux étages », a détaillé Damien Mathon, délégué général du SER. D'abord, « 29 mesures de court terme qui peuvent être prises dans les six mois ». Autour de six axes : mieux piloter le développement des renouvelables, créer un choc de simplification, sécuriser l'économie des projets, renforcer la fiscalité écologique, lancer et pérenniser de nouvelles filières, soulager la facture énergétique des consommateurs. Par exemple, pour le photovoltaïque, supprimer l'obligation d'intégration au bâti sur le bâtiment existant. Ou encore, simplifier le recours au financement participatif. En complément, six propositions visent à faire évoluer la politique énergétique française à moyen terme, notamment par une programmation des appels d'offres. Le gouvernement a beau vouloir bâtir 34 plans industriels, dont l'un sur les renouvelables, « la France ne connaîtra pas de développement industriel sans marché national dynamique », a encore taclé Jean-Louis Bal. Un avis partagé : « Il y a un peu de ras-le-bol, appuie Francis Wallat, président du cluster maritime français. Nous avons de multiples interlocuteurs compétents au sein de l'administration. Ce qui manque, c'est de la coordination. »