Relancer le débat sur l'écologie en privilégiant aux simples slogans des propositions concrètes de réformes structurelles. Telle est la promesse faite par un nouveau think tank, la Fabrique écologique, lors de son lancement officiel le 5 novembre. Cette démarche initiée par Géraud Guibert, conseiller maître à la Cour des comptes, entend surtout innover dans sa méthode. L'association sera transpartisane et pluraliste en regroupant des personnalités de divers bords politiques, des chefs d'entreprises et des ONG. Elle s'imposera « une totale rigueur », assure son président fondateur, grâce à une procédure de validation des travaux conçue pour « produire des documents de référence qui ne puissent pas être mis en cause. » L'association se veut enfin transparente, notamment sur ses soutiens financiers (Caisse des dépôts, RTE, Fortum, FEE... ), et coopérative. Sa première publication, qui porte sur la décentralisation énergétique, est ainsi ouverte aux contributions des internautes jusqu'à la fin du mois de janvier. Reste à concrétiser ces bonnes intentions. Ce premier document de travail offre déjà un élément de réponse. La décentralisation s'étant imposée dans le débat sur la transition énergétique, le document dresse un état des lieux des niveaux de gouvernance. « Ce qui est intéressant et nouveau dans cette note, c'est qu'elle s'intéresse à l'articulation entre le national et le local », juge Patrick Pierron, secrétaire national de la commission exécutive de la CFDT, syndicaliste membre du conseil d'orientation de la Fabrique écologique. La principale proposition du document est la création de sociétés régionales pour réorganiser le partage des responsabilités sur la distribution des énergies de réseau. Le think tank préconise de s'inspirer du modèle des TER dans le ferroviaire : un opérateur historique comme socle et des autorités organisatrices locales responsables de l'adaptation du réseau au développement des énergies décentralisées. La Fabrique écologique projette de publier six à huit notes par an. Les prochaines porteront sur la rénovation thermique des logements et la biodiversité.