C’est dans ce contexte que Samsara a publié son dernier rapport sur l’état des Opérations Connectées, consacré au vol et à la perte d’actifs et intitulé “Quantification du coût caché des actifs invisibles”. Réalisée auprès de plus de 1 500 dirigeants financiers de secteurs à forte intensité d’actifs, cette étude met en lumière un sujet qui reste largement sous-estimé : la visibilité sur les équipements. Aimée Guitard-Laffitte, Mid-Market Manager chez Samsara en France, partage son éclairage sur ce que cette étude révèle pour le secteur de la gestion des déchets. Une entreprise peut disposer d’une flotte récente, d’équipes expérimentées et d’une organisation efficace. Pourtant, une benne restée sur un mauvais site, un compacteur indisponible, un terminal mobile égaré ou un équipement de maintenance impossible à localiser suffisent parfois à retarder une collecte, modifier une tournée ou immobiliser un véhicule. Pris isolément, ces incidents semblent sans conséquence. À force de se répéter, ils finissent pourtant par peser sur la qualité du service comme sur les coûts d’exploitation. Car le problème ne se résume pas à la disparition d’un équipement. Ce sont aussi des tournées réorganisées à la dernière minute, des équipes qui attendent, des interventions reportées et des véhicules qui restent immobilisés faute du matériel nécessaire.
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Quand on pense à la gestion des déchets, on imagine d’abord les camions de collecte. Pourtant, ils ne représentent qu’une partie des moyens nécessaires au fonctionnement quotidien. L’activité repose aussi sur une multitude d’équipements qui circulent en permanence entre les dépôts, les centres de tri, les ateliers et les véhicules : bennes amovibles, compacteurs, caissons, terminaux embarqués, outils de maintenance, équipements de contrôle ou matériels spécialisés. Cette circulation est normale. Elle fait même partie du fonctionnement du secteur. En revanche, elle rend le suivi plus compliqué lorsque rien ne permet de savoir précisément où se trouve chaque équipement. Le rapport publié par Samsara met des chiffres sur une réalité que beaucoup d’exploitants connaissent déjà. Les entreprises qui ne disposent pas d’une solution de suivi supportent des coûts importants liés aux équipements perdus ou introuvables. Plus surprenant encore, 72 % de ces coûts résultent de l’impact cumulé des pertes de petits équipements, plutôt que de la perte des équipements les plus coûteux. Ce constat s’explique assez facilement. La disparition d’un camion est immédiatement repérée. En revanche, un outil ou du matériel utilisé ponctuellement peut rester plusieurs jours sans que personne ne sache vraiment où il se trouve. Pris séparément, ces incidents paraissent mineurs. Additionnés au fil des semaines, ils finissent pourtant par désorganiser les opérations.
Le véritable coût apparaît bien avant le remplacement du matériel
Lorsqu’un équipement est introuvable, le premier réflexe consiste souvent à envisager son remplacement. Pourtant, la facture commence bien avant. Les employés passent du temps à chercher le matériel, à contacter d’autres sites, déplacer des équipements disponibles ailleurs ou revoir les tournées pour continuer à assurer le service. Pendant ce temps, certaines interventions prennent du retard, des véhicules restent à quai et l’organisation devient plus compliquée. Ces pertes sont rarement identifiées comme un poste de coût à part entière. Elles se répartissent entre les heures de travail, les locations ponctuelles, les déplacements supplémentaires ou les retards d’exploitation. C’est précisément ce qui les rend difficiles à mesurer. Le rapport montre également que, dans plus d’un tiers des entreprises dépourvues de solution de suivi, certains employés consacrent plus de dix heures par semaine à rechercher des équipements. Sur une année, cela représente près de trois mois de travail pour un employé, qui pourraient être consacrés aux opérations de collecte, à la maintenance des équipements ou à l’amélioration des performances du site. Dans un secteur où les plannings sont déjà particulièrement contraints, ce temps perdu devient difficile à justifier.
Avant d’investir davantage, l’importance de mieux connaître son parc
Face à ces difficultés, la réponse ne consiste pas forcément à acheter davantage d’équipements. Le rapport de Samsara montre que, dans les entreprises qui ne disposent pas de solution de suivi, en moyenne 25 % des budgets consacrés aux nouveaux équipements servent simplement à remplacer des actifs perdus ou introuvables. Avant de commander une nouvelle benne, un compacteur ou un équipement de maintenance, il convient de savoir si un matériel équivalent n’est pas déjà disponible sur un autre site. Une meilleure visibilité permet ainsi d’éviter des achats inutiles, de mieux organiser les mouvements entre les dépôts et de remettre plus rapidement les équipements en service. Le secteur a beaucoup évolué ces dernières années. Les véhicules sont connectés, les tournées sont optimisées grâce aux données et les centres de tri gagnent en automatisation. En revanche, les équipements qui circulent quotidiennement entre les ateliers, les dépôts et les véhicules restent encore, dans de nombreuses organisations, beaucoup plus difficiles à suivre. Les métiers de la gestion des déchets continueront de se transformer. Mais avant d’aller plus loin dans l’automatisation des opérations, un premier défi consiste déjà à mieux maîtriser les équipements qui permettent, chaque jour, d’assurer la continuité du service.