En matière de management énergétique aussi, l'Allemagne nous donne la leçon. Près de trois cents organisations sont certi fiées Iso 50001 de l'autre côté du Rhin. Les entreprises ont, il est vrai, un intérêt fiscal à s'en gager. L'arrêté du 28 mars 2012 pourrait permettre à la France de suivre la même dynamique. Ce texte prévoit un doublement des certificats d'économie d'énergie (CEE) attribués aux entreprises certifiées qui investissent dans un projet d'efficacité énergétique éligible. Celles qui ont obtenu le niveau 1 de la norme Iso 50001 se voient, quant à elles, allouer une bonification de 50 %.
L'aide est plus que symbolique. « La prime peut représenter 10 % des travaux, explique David Emsellem, directeur grands comptes de Certinergy. Et monter à 20 % avec la bonification. » Difficile pourtant de parler de levier d'investissement tant les entreprises ont déjà des difficul tés à déclencher des opérations rentables ! « Des bonnes idées, il y en a plein. On estime pourtant que seuls un tiers des investissements ren tables sont effectués », regrette-t-il. Explications : un accès au crédit pas toujours aisé et la mauvaise habitude de tout vou loir financer sur fonds propres. « Avoir recours à une solution de financement est parfois perçu comme un échec. Cela permet pourtant de se retrouver tout de suite en flux de trésorerie positif avec un loyer inférieur aux économies générées », poursuit-il.
Les CEE sont un outil à prendre en compte dans les calculs financiers, à l'instar des prêts éco énergie d'Oséo. Atten tion, néanmoins, à ne pas en faire la raison principale d'un investis sement. Par rapport aux consom mations annuelles d'énergie, ils ne représentent finalement pas grand-chose ! « La logique qui veut qu'on achète un équipement avec l'idée d'en réduire le coût initial, comme pour un produit, n'est plus suffisante. Les services achats doivent élargir leur réflexion à la question des rendements et des coûts de fonctionnement à plus ou moins long terme », estime Jérôme Torchet, responsable d'audit QSE chez LRQA France. Le jeu en vaut la chandelle. Illustration dans l'in dustrie : pour les moteurs intégrés, une étude de l'Ademe montre que l'acquisition ne représente que 4 % du coût total de possession, le reste étant principalement lié aux dépenses énergétiques.
« Pour que l'énergie soit au cœur des décisions, il faut casser les cloisons entre les services et valoriser le travail des acheteurs, abonde Nathalie Laplaud, auditrice chez SGS. Ce volet exige un engagement fort de la direction générale pour, le cas échéant, débloquer certains dossiers. » Cette nouvelle ap proche des achats demande aussi beau coup d'anticipation. Si à la suite d'une casse, un équipement doit être remplacé dans l'urgence, il y a fort à parier que sa performance énergétique passera loin derrière la nécessité de redémarrer l'activité ! « C'est le type de problèmes que l'on peut régler grâce à une analyse régulière de l'offre du marché et à une présélection de produits de remplacement », rassure David Emsellem. l