Encore embryonnaire, la filière hydrolienne française vient de franchir un cap crucial. Le gouvernement a officiellement retenu, début décembre, les projets Nepthyd et Normandie Hydro qui immergeront au large du Cotentin les premières turbines à l'échelle industrielle pour bénéficier des courants sous-marins du raz Blanchard. Aujourd'hui, aucun parc hydrolien n'est raccordé au réseau électrique. Au total, huit projets avaient été remis au printemps 2014 dans le cadre de l'appel à manifestation d'intérêt qu'avait lancé l'Ademe. Le projet Nepthyd est coordonné par GDF, avec Alstom comme partenaire industriel. Il représente un investissement, sur vingt ans, de 101 millions d'euros, dont la moitié via des subventions et des avances remboursables fournies par le Programme des investissements d'avenir (PIA). La ferme-pilote sera composée de quatre hydroliennes Oceade d'Alstom, d'une puissance unitaire de 1,4 MW. Normandie Hydro porte, pour sa part, sur vingt-quatre ans, pour un investissement de 112 millions (dont 52 apportés par le PIA). Normandie Hydro est pilotée par DCNS, avec EDF. Les sept hydroliennes développées par OpenHydro, la filiale de DCNS, cumuleront une puissance de 14 MW. Le raccordement final au réseau électrique est prévu à partir de 2018. La France possède le second potentiel hydro-lien en Europe et compte des infrastructures portuaires et industrielles de choix pour développer cette filière, rappelle l'Ademe. Une étude du cabinet Ernst & Young estimait entre 2 et 3 GW, soit 1 500 à 2 000 machines, la taille théorique du marché des énergies marines. Mais, atteindre ces 3 GW nécessitera d'investir plus de 13 milliards d'euros, selon les calculs du gouver nement. Les premiers retours des projets Nepthyd et Normandie Hydro donneront une idée plus précise sur la rentabilité économique des fermes hydroliennes. OD