Pouvoirs publics et entreprises multiplient les tentatives pour faire décoller le marché de la rénovation énergétique. Dernier exemple en date, la signature d'une convention entre le ministère de l'Écologie et Engie pour tester l'usage de passeports de la rénovation énergétique dans une dizaine de territoires à énergie positive (Tepos). « Nous avons une vingtaine de passeports en cours de réalisation à Arras dans le cadre d'une autre expérimen-tation, menée avec la commu-nauté urbaine, l'Ademe et EDF et n'impliquant que des maisons individuelles construites avant 2000. Le bilan en sera dressé fin 2016 », indique Patrice Hennig, directeur de la mission effica-cité énergétique d'Engie.
Pour l'expérimentation nationale, un objectif de 1 000 passeports d'ici à fin 2017 a été fixé. Si à Arras, le professionnel qui réalise l'audit, désigné « passeporteur » par Engie, est un diagnostiqueur, il doit ici être un artisan certifié RGE offre globale. « Le passeport constitue un outil d'aide à la décision pour les ménages. Il leur fournit des indications sur les meilleures manières de passer à l'acte pour rénover leur maison ou leur appartement. Il consiste en un audit énergétique approfondi du logement dont les résultats sont accompagnés de propositions de travaux, d'une estimation des économies d'énergie attendues et des aides financières disponibles », rappelle Patrice Hennig. Pour que des travaux soient engagés, ces préconisations doivent prendre en compte le mode de vie du ménage, ses souhaits en termes de confort et, bien sûr, sa capacité financière.
Le concept de passeport est né au sein du groupe. Il a été évoqué par son P-DG Gérard Mestrallet devant la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale quand l'entreprise s'appelait encore GDF-Suez.
L'idée a été intégrée dans la loi sur la transition énergétique pour aboutir à un « carnet numérique de suivi et d'entretien du logement », obligatoire dans le neuf à partir de 2017 et de 2025 pour les logements existants faisant l'objet d'une mutation. Ce carnet réunit « l'ensemble des informations utiles à la bonne utilisation, à l'entretien et à l'amélioration progressive de la performance énergétique du logement ».
Neuf Tepos sont pressentis pour participer à l'expérimentation. En partie financée par les certificats d'économies d'énergie (CEE), elle devait débuter en janvier dans les agglomérations de Clermont-Ferrand, Saint-Étienne, Bordeaux, val de Bièvre, Mulhouse, Alès et Avignon, ainsi que Rouen et le parc naturel régional du Pilat. « Un dixième est en train d'être recherché. Il serait intéressant qu'il appartienne à un département d'outre-mer », avance-t-on dans l'entourage de Ségolène Royal. l