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[Tribune] Énergie : le désaveu des français pour l’autoconsommation

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[Tribune] Énergie : le désaveu des français pour l’autoconsommation
Par Julien Tchernia, président et co-fondateur d’ekWateur, le 17 juin 2019
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Cette semaine, le président et co-fondateur d’ekWateur, Julien Tchernia, revient sur les freins au développement de l’autoconsommation en France. Selon lui, il existe trois types de freins : la structuration de la filière, la réglementation, l’abonnement au réseau de transport.

L’autoconsommation est le concept consistant à produire pour soi-même voire à revendre de l’énergie, principalement photovoltaïque. Il est vu pour beaucoup comme le concept idéal pour une transition énergétique efficace et durable. Il a néanmoins du mal à s’imposer en France. Entre manque de crédibilité de la filière, mise en cause par les arnaques aux installations des panneaux solaires et le cadre législatif, il reste encore de nombreux obstacles pour l’installer.
 
Pourquoi l’autoconsommation, concept si séduisant en ces périodes de réchauffement climatique, a-t-il tant de difficulté à s’imposer en France ? Pourquoi les français ne déploient-ils pas des panneaux solaires sur leurs résidences à l’instar des allemands ou des néerlandais dont les régions sont pourtant bien moins ensoleillées ? Selon les chiffres de RTE (Réseau de Transport d’Électivité) seuls 20.000 foyers français avaient adopté ce modèle en 2017, contre 500.000 foyers allemands. Coté production, le photovoltaïque couvrait, en 2017, 2% de l’électricité consommée dans l’hexagone versus 11% en Allemagne. Si longtemps les causes de ce désintérêt furent le manque de maturité des technologies, le coût des panneaux solaires et le faible prix l’électricité du marché français depuis quelques années ; la performance des panneaux, le progrès sur les techniques de stockage de l’énergie et la baisse des prix des matériaux font de l’autoconsommation un modèle rapidement rentable. Pourquoi alors un tel désaveu ?
 
La filière doit se réinventer pour retrouver la confiance des français 
 
Premièrement, la filière. Combien de particuliers se sont fait rouler par des pseudo-professionnels du photovoltaïque qui, pour plusieurs milliers d’euros, ont installé des panneaux solaires incapables de fonctionner ? En 2016, plus de 200 plaintes de clients ont ainsi été enregistrées par la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF). Aussi, pour lutter contre ces pratiques déloyales qui ternissent l’image de la filière, celle-ci doit à tout prix s’organiser. Pourquoi, à l’instar de ce que pratiquent déjà les assurances avec leurs plateformes d’artisans, ne pas envisager la mise en place d’une plateforme fédératrice d’installateurs de photovoltaïques ? Pourquoi ne pas décliner le concept d’Uber au marché des panneaux solaires en permettant aux clients de noter les installateurs, la plateforme et d’encadrer les prix ? Non seulement ce modèle permettrait au marché de gagner en transparence et en crédibilité mais, également, de se développer grâce à la confiance retrouvée entre particuliers et professionnels.
 
Il est primordial de simplifier les démarches administratives
 
Deuxième raison du désaveu : la règlementation. En 2017, face au manque d’enthousiasme des particuliers pour l’autoconsommation, les pouvoirs publics ont fait le choix d’ouvrir à d’autres fournisseurs d’énergies que EDF, l’autorisation de racheter l’énergie produite par des tiers. Objectif : donner aux nouveaux entrants une raison économique d’inciter leurs clients à développer l’autoconsommation et la revente là où le fournisseur historique le faisait peu. Et pour cause, quel intérêt a-t-il eu à inciter ses clients à produire de l’électricité puisqu’il en produit lui-même ? Qui voudrait investir pour se créer sa propre concurrence ? C’est se couper l’herbe sous le pied. Donc en faisant entrer sur le secteur des fournisseurs d’énergies non producteurs, l’autoconsommation devait exploser. Mais une fois encore, deux plus tard, le marché n’est toujours pas au rendez-vous. Pourquoi ? Une subtilité du règlement, contraignant les particuliers à une démarche administrative longue et absurde vient enrayer le processus. De quoi s’agit-il ? Prenons l’exemple d’un particulier intéressé par la souscription d’un contrat de revente de son énergie au fournisseur X, autre qu’EDF. Ce particulier souhaitant bénéficier du tarif de rachat subventionner par l’état. Avant de pouvoir s’engager avec le fournisseur choisi, ce même particulier doit signer un contrat d’obligation d’achat avec EDF, attendre le retour de ce contrat signé par EDF. Ensuite il doit demander à EDF de le transférer au fournisseur X. A partir de là l’énergie du client sera pour le fournisseur X… à partir du 1er janvier de l’année suivante. Enfin, sauf si le transfert s’est fait après le 1er octobre, auquel cas le transfert se fera au 1er janvier de l’année n+1 ! Qui peut arriver à expliquer ça à un client ? Et à cela, ajoutons que nos premières expériences chez ekWateur montrent qu’EDF met 18 mois (sic) à signer le contrat, bloquant d’autant son transfert. Résultat : si ce particulier a fait sa demande en août 2017, son contrat de revente n’est effectif chez le fournisseur qu’il a choisi qu’au 1er janvier 2020. De quoi décourager plus d’un client.
 
Troisième frein enfin : l’abonnement au réseau de transport. Une alternative existe pourtant à ce parcours du combattant. Les particuliers peuvent faire le choix de ne pas revendre leur production d’énergie au tarif subventionné, fixé par l’état, mais directement à un autre fournisseur, à un prix souvent inférieur. Mais là encore le dispositif est défavorable au développement de l’autoconsommation car le prix de l’abonnement au réseau de distribution Enedis – initialement fixé à 11 euros par an sans revente d’énergie – passe alors à 20 euros par an pour un contrat de revente.  
 
Au regard de cette situation, nous nageons en pleine schizophrénie. D’un côté le gouvernement soutien le développement de l’autoconsommation par des aides aux investissements réalisés par les particuliers pour l’installation de panneaux photovoltaïques, et de l’autre il met en place un cadre réglementaire tel, qu’il bride le développement de ce marché. Mais comme en toute chose il faut garder espoir, l’assainissement de la filière par le développement de plateformes et l’augmentation du prix de la production de l’électricité devraient avoir raison de cette situation. D’ici à 2020 ou 2021, 10% des résidences individuelles françaises pourraient être équipées de panneaux solaires comme le sont celles des Pays-Bas.
Julien Tchernia, président et co-fondateur d’ekWateur / DR
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