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[Tribune] Le diagnostiqueur immobilier, pivot de la relance

[Tribune] Le diagnostiqueur immobilier, pivot de la relance
Par Thierry Marchand, Président de la Chambre des Diagnostiqueurs Immobiliers CDI-FNAIM, le 5 novembre 2020.
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La relance de l’économie par l’accélération de la transition énergétique dans le logement est au cœur de l’équation du Plan de Relance du Gouvernement post-crise de la Covid-19 : soutien aux travaux de rénovation, lutte contre les passoires thermiques et accompagnement des ménages. Thierry Marchand revient sur le rôle et la responsabilité du diagnostiqueur dans l’évaluation des chantiers.
 
En première ligne de tout chantier de rénovation, le diagnostiqueur immobilier doit être un « passeur » vers la transition énergétique : un moteur, un facilitateur et un conseil. Son métier consiste à produire pour ses clients une information technique et objective sur l’état d’un logement ou d’un bâtiment. Cette information éclaire les décisions des ménages, des bailleurs privés ou publics, des syndics de copropriété s’agissant des chantiers de rénovation notamment. Le diagnostiqueur doit donc endosser et assumer la responsabilité d’orienter les travaux de rénovation énergétique vers une meilleure performance et durabilité. Ce qui permettra d’éviter les effets d’aubaine financiers et in fine de proposer un accompagnement positif et concret, faisant de chaque contrainte réglementaire (en cours ou à venir) une opportunité d’améliorer ses factures, son confort et sa qualité de vie.
 
Une alerte en provenance d’Allemagne

S’oriente-t-on dans la bonne direction en privilégiant les travaux d’amélioration de la seule performance énergétique ? Ne devrait-on pas aussi les destiner à limiter les émissions de gaz à effet de serre ? Le recul sur les réformes en Allemagne depuis 2010 devrait nous interpeller : la rénovation énergétique massive des bâtiments, à grands renforts d’aides publiques, n’a pas fait diminuer la consommation d’énergie. Les économies réalisées ont été « re-consommées » pour satisfaire un plus grand confort. Seuls les ménages les plus modestes ont réellement subi la facture des rénovations dans l’alourdissement de leurs charges locatives sans disposer ensuite du revenu disponible pour ajuster leurs consommations à leur confort. Des inégalités sociales nouvelles nées d’une politique pourtant généreuse et innovante.
 
Adopter une approche globale

Réussir ce plan de relance, c’est appréhender systématiquement ces rénovations énergétiques selon une approche globale. Considérer conjointement les consommations d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre d’un bâtiment permet d’aboutir à une stratégie de rénovation durable, efficace et rentable ; plus encore lorsqu’il s’agit de bâtiments anciens. Cette démarche globale, au-delà du diagnostic technique, passe par l’écoute des ménages pour comprendre leurs attentes d’aujourd’hui et de demain -dans 25 ans-, si on les met à l’échelle du cycle de vie d’un bâtiment. À quoi bon modifier l’isolation, le chauffage et tout autre levier de performance énergétique sans tenir compte des évolutions des normes de confort des habitants qui évoluent avec leur environnement, leur mode de vie, leur génération ?

Compréhension, écoute, conseil et accompagnement sont les rôles du diagnostiqueur moderne : combiner les enjeux avec les solutions techniques disponibles tout en conservant une dimension humaine et sociale. Apporter au propriétaire (actuel ou futur), au bailleur privé ou social, au syndic une information fiable, experte, intégrée dans le rapport de diagnostic, c’est oser s’engager et se projeter grâce à un Diagnostic de Performance Énergétique (D.P.E.) plus complet. Le DPE de demain doit préciser comment et avec quelle ampleur les travaux envisagés amélioreront la performance énergétique et réduiront les émissions de gaz à effet de serre. C’est élargir les champs du métier de diagnostiqueur immobilier vers celui d’« assistant à maitrise d’usage » (AMU).
 
Penser local et renforcer la filière

Pour réussir, premièrement, adaptons nos pratiques au sein de nos filières lorsque l’on évalue un projet de rénovation. Aujourd’hui, le retour sur investissement d’un chantier se mesure sur le temps long grâce à des calculs d’amortissement tenant compte quasi-exclusivement de la soutenabilité des travaux, même aidés. Ne faudrait-il pas mieux intégrer les gains de performance obtenus : économiques, énergétiques, climatiques et même sociaux ? Mieux penser son investissement et sa répartition avant le début du chantier s’avérera plus efficace à moyen et long terme, individuellement et collectivement.

La relance économique par la performance énergétique est œuvre de salut public et climatique. À condition que sa mise en œuvre nationale permette de considérer toutes les particularités : type et nature des bâtiments et des logements, localisation, emplacement, orientation, matériaux de construction, etc. Cet esprit planificateur et centralisé ne doit pas entraver l’expertise, le bon sens, l’analyse et par conséquent l’élaboration concertée de solutions sur mesure de terrain. Nous devons, pour ce faire, prendre le temps nécessaire.

Deuxième condition du succès, la qualité des analyses et des expertises fournies par les diagnostiqueurs immobiliers est centrale. 35 000 DPE par semaine sont réalisés en France. C’est énorme et pourtant loin de satisfaire les besoins. Ce que la réforme du DPE prévue pour 2021 ne résoudra pas. D’où l’impérieuse nécessité d’accélérer la professionnalisation et l’extension du métier : en développant des formations initiales de bac +2 à bac+5 ; avec des passerelles entre les filières de l’immobilier et du BTP pour devenir diagnostiqueur en validant ses acquis professionnels ; en ouvrant des formations croisées avec les métiers de l’ingénierie du BTP, de la data, de l’informatique et des nouvelles technologies : une professionnalisation indispensable lorsque l’on a conscience des millions de données sur le bâti et le logement traitées à l’année par les diagnostiqueurs ; des data pouvant désormais être partagées et accumulées dans un carnet numérique du bâti grâce aux technologies du BIM appliquées au diagnostic.

Cette pluridisciplinarité mérite que nous tous, acteurs du diagnostic immobilier, du logement, de l’énergie, du BTP et pouvoirs publics, travaillions de concert à rendre concret ce plan de relance gouvernemental et à le traduire rapidement en résultats tangibles. Nous le devons à nos concitoyens, pour leur santé, pour leur qualité de vie, leur droit à un logement décent et enfin pour transmettre aux générations futures un avenir plus radieux et plus apaisé.
Thierry Marchand / DR
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