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ÉNERGIE

Yoann Bourdon : « Le solaire résidentiel est un sujet un peu oublié dans le débat public »

PUBLIÉ LE 23 MAI 2023
PROPOS RECUEILLIS PAR ABDESSAMAD ATTIGUI
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Yoann Bourdon : « Le solaire résidentiel est un sujet un peu oublié dans le débat public »
Yoann Bourdon, directeur marketing et communication chez Otovo France. Crédit : Otovo
Face à la volatilité des prix de l’électricité, le photovoltaïque reste une solution de choix. Pour encourager les ménages à adopter le solaire résidentiel, Otovo France propose sa plateforme qui livre des installations clés en main. Echange avec Yoann Bourdon, son directeur marketing et communication. 
 
Il permet 30 à 50 % d’économies sur la facture d’électricité, un atout indéniable pour le solaire résidentiel qui reste encore peu adopté par les ménages français. Otovo France, précédemment In Sun We Trust, se donne pour mission de promouvoir cette solution en simplifiant le parcours client, de l’achat jusqu’à l’installation de panneaux solaires sur le toit. Pour rendre le solaire résidentiel encore plus accessible, l’entreprise s’est associée à Castorama qui redirigera ses consommateurs vers les services d’Otovo France via une page dédiée sur son site web. Le directeur marketing et communication d’Otovo France, Yoann Bourdon, reviendra sur les services que propose le groupe norvégien pour stimuler le solaire en France.  
   
Environnement Magazine : Quel est l’état des lieux du solaire résidentiel en France et en Europe ? 
  
Yoann Bourdon : Nous sommes un peu en retard en France par rapport à nos voisins européens. En France, on estime qu’il y a entre 15 millions et 20 millions de maisons individuelles, ce qui représente l’un des plus gros marchés de maisons individuelles en Europe. Pourtant, seulement une maison sur 50 est équipée de panneaux solaires, ce qui correspond à environ 2 % des maisons équipées. En comparaison, nos collègues des Pays-Bas ont déjà équipé une maison sur quatre. C’est un retard considérable, même si le marché en France est énorme. Les choses bougent ces derniers temps, mais cela avance encore trop lentement pour nous, acteurs du secteur, et surtout trop lentement par rapport à nos voisins, qui ne sont pas plus ensoleillés. Le solaire résidentiel est malheureusement un sujet un peu oublié dans le débat public. 
  
EM : Qu’est-ce qui explique ce retard accumulé dans ce secteur ? 

Il y a plusieurs raisons. L’origine remonte principalement au mix énergétique français, très axé sur le nucléaire, ce qui nous a probablement moins incités à miser sur les énergies renouvelables, et encore moins sur l’autoconsommation. Même la loi dite d’Accélération des énergies renouvelables parle du solaire mais ne mentionne pas du tout le solaire résidentiel. Pourquoi ? On ne sait pas. 
  
On observe également des mesures fiscales plus avantageuses dans certains autres pays. Aux Pays-Bas et en Allemagne, ces pays ont une TVA à 0 % sur les installations solaires, ce qui constitue une incitation financière importante en faveur de l’autoconsommation. En France, nous avons une TVA réduite de 20 à 10 %, mais uniquement pour les installations de 3 kWc ou les plus petites installations. Ce n’est pas une incitation qui profite à la majorité des citoyens qui optent pour le solaire résidentiel. 
  
Un autre frein parfois oublié est le coût des démarches administratives. Devoir demander un permis pour poser des panneaux et des plans d’urbanisme qui datent parfois et n’ont pas encore été mis à jour, sans prévoir l’intégration des panneaux solaires au paysage urbain...autant de démarches compliquent la transition vers le solaire résidentiel. 
  
EM : Quels sont les services qu’Otovo propose pour surmonter ces obstacles et accélérer le déploiement du solaire résidentiel ? 
  
Le gros avantage pour le solaire est la rapidité d’installation. Une fois que les clients nous contactent, leurs panneaux solaires sont installés sur leurs toits entre 3 et 6 mois plus tard, et ils constatent immédiatement l’impact sur leur facture d’électricité. À notre niveau, nous nous concentrons sur le parcours client, qui s’effectue entièrement en ligne. La particularité d’Otovo est que nous sommes structurés comme une forme de place de marché. Concrètement, nous présélectionnons du matériel de qualité. 
  
Nous présélectionnons également les meilleurs installateurs dans toutes les régions. Aujourd’hui, pour pouvoir bénéficier des aides accordées à son installation solaire, il faut faire intervenir chez soi un installateur labellisé RGE (Reconnu Garant de l’Environnement, NDLR), mais nous constatons que ce label ne suffit pas à garantir le sérieux de l’installateur. Nous avons donc mis en place tout un système d’audit. Nous vérifions un certain nombre d’éléments concernant l’installateur, nous effectuons des appels mystères avec d’anciens clients de l’installateur en question, et nous réalisons également un audit interne et externe de son travail pendant les premiers mois de collaboration. Au final, seuls 10 % des installateurs qui postulent pour travailler avec Otovo restent dans notre réseau. C’est une sélection assez drastique, mais nécessaire pour rassurer nos clients. 
  
Ces professionnels indiquent leurs prix, leurs prestations et leurs zones d’intervention sur la plateforme Otovo. Lorsqu’un consommateur arrive sur la plateforme et renseigne son adresse de domicile, il a accès en quelques secondes aux prestations proposées avec le prix correspondant le mieux à sa situation. Bien sûr, chaque projet est unique et il y a un moment où nous devons entrer dans les détails techniques du projet. Des experts techniques finaux vont échanger avec le client, récupérer les photos et les détails de la maison afin de dimensionner réellement le projet, ce qui peut entraîner une révision du prix si des spécificités subsistent. Cependant, la majorité du prix affiché dès les premières secondes est très fiable. Cela est rendu possible grâce à notre système d’enchères inversées, qui affiche automatiquement les tarifs de la région. Ce système est avantageux pour le consommateur, car il permet de réduire les prix tout en rassurant les consommateurs face aux arnaques présentes sur le marché. 
  
 
Exemple d’installation de solaire résidentiel par le réseau Otovo. Crédit : Otovo France

EM : Comment un particulier peut-il réduire sa facture énergétique grâce au solaire résidentiel ? 
  
L’énergie solaire permet de réaliser des économies sur la facture. L’idée est d’utiliser au maximum les appareils électriques pendant la partie de la journée où le soleil brille et où les panneaux produisent de l’électricité. L’énergie ainsi consommée directement par le client pour ses appareils électriques est une énergie qu’il n’a pas achetée au réseau. C’est à ce moment-là que les économies se produisent. Concrètement, au lieu d’acheter cette électricité à EDF pendant la journée à 0,20 euros, le client la récupère directement des panneaux installés sur son toit. Le soir, lorsque les panneaux solaires ne produisent plus, il achète à nouveau de l’électricité au réseau. Nous avons également publié un Solar Index qui mesure les économies pouvant être réalisées par les Français en moyenne, en installant 12 panneaux solaires exposés sud sur le toit de leur maison. Ils peuvent en moyenne économiser 38 200 euros sur 30 ans grâce au solaire résidentiel, et 1 060 euros pour la première année. Contrairement aux idées reçues, les économies ne sont pas forcément liées au taux d’ensoleillement. Sans surprise, les économies peuvent aller jusqu’à plus de 50 000 euros sur 30 ans dans les régions ensoleillées du Sud Est. Pourtant, d’autres régions ne sont pas en reste, les habitants de Quimper et Metz peuvent réaliser en moyenne respectivement 37 700 euros et 35 600 euros d’économie sur 30 ans, et également 1000-1050 euros en moyenne la première année. 
  
La deuxième manière de réaliser des économies est la revente de l’énergie produite et non consommée pendant la journée à EDF. Ces économies sur la facture, ainsi que le montant facturé à EDF pour la revente de l’électricité, représentent les 30 à 50 % d’économies dont nous parlons chez Otovo. 
  
EM : Comment un particulier peut-il revendre son surplus d’énergie ? 
  
C’est super simple. Il y a une contractualisation avec Enedis qui est initiée en amont de l’installation des panneaux solaires. Après l’installation, le raccordement Enedis est validé, s’ensuit une demande au niveau d’EDF OA pour le contrat de rachat de l’électricité. C’est un contrat avec un engagement sur le prix de rachat durant 20 ans. EDF s’engage pendant cette période à racheter l’électricité au prix qui est en vigueur au moment où le client réalise son contrat de raccordement. En ce moment, il tourne autour de 0,13 € le kW. 
  
Otovo s’occupe de toutes les démarches administratives sauf la contractualisation avec EDF OA qui doit être faite directement par le particulier. 
  
EM : Vous proposez également une offre de location. Comment fonctionne-t-elle ? 

L’offre de location longue durée s’inscrit dans cet objectif de simplifier l’accès au solaire et permet aux particuliers qui le souhaitent de passer au solaire à partir d’une cinquantaine d’euros par mois. Bien que l’investissement soit rentable, un achat comptant nécessite autour de 8000€ pour 7-8 panneaux (environ 3kwc), tout le monde n’a pas ce capital prêt à être investi ou l’ambition de l’utiliser spécifiquement pour le photovoltaïque. 
  
Avec cette offre, on veut donner la possibilité aux ménages qui n’ont pas ce capital, ou qui veulent l’utiliser pour d’autres investissements, comme la rénovation énergétique par exemple, de passer au solaire via la location. Comment ça marche ? Le service proposé est exactement le même, ce qui change c’est un contrat de location longue durée sur 20 ans. Pendant cette durée, le consommateur peut racheter son installation quand il le souhaite ou il peut la racheter au bout des 20 ans pour une somme relativement modique. Le principe de l’offre de consommation ne change pas, pendant ces 20 ans, les panneaux qui sont sur le toit produisent de l’électricité et permettent des économies sur la facture. Ce qui est intéressant, au-delà de l’investissement initial, Otovo est propriétaire de l’installation pendant toute la durée de ce contrat de location, ce qui veut dire qu’on est responsable de son bon fonctionnement et qu’elle est donc garantie pendant 20 ans (contre 10 ans en achat comptant). 
 
EM : Quels sont les objectifs d’Otovo pour ces prochaines années ? 
  
Otovo jouit d’une belle croissance. Nous avons doublé le chiffre d’affaires entre 2021 et 2022 et on a ouvert six marchés l’année dernière en Belgique, aux Pays-Bas, au Portugal, en Suisse, en Autriche et au Royaume-Uni, ce qui aide grandement au développement de l’entreprise en Europe. L’objectif cette année est de continuer à développer la maturité des démarches Otovo, de permettre à ces six nouvelles filiales de se développer et de rejoindre les pays historiques du groupe. Nous allons rester focalisés sur le solaire photovoltaïque résidentiel, on ne va pas s’éparpiller car le marché résidentiel en Europe est énorme, notamment en France. Nous allons également poursuivre le développement de notre réseau d’installateurs pour soutenir la demande qui ne cesse d’augmenter. Les prix de l’électricité ont augmenté de 15% en février dernier et les prix du photovoltaïque sont en baisse, nous nous attendons à une augmentation des demandes dans les mois qui viennent. 
  
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