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ÉNERGIE

Tribune | « Le repowering : un moyen innovant pour répondre à la croissance des besoins en électricité en France ? »

PUBLIÉ LE 28 SEPTEMBRE 2023
PAR JEAN-FRANÇOIS PETIT, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE Q ENERGY FRANCE
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Tribune | « Le repowering : un moyen innovant pour répondre à la croissance des besoins en électricité en France ? »
Jean-François Petit / Crédits : @Q ENERGY
Dans cette tribune, Jean-François Petit, directeur général de Q Energy France, acteur du développement, de la construction et de l’exploitation de projets éoliens et photovoltaïques, vante les atouts du repowering, soit la modernisation des parcs éoliens et solaires en fin de vie.

L’évolution actuelle de la transition énergétique en France ne permet pas à l’État de respecter ses engagements européens ni de garantir la satisfaction des futurs besoins électriques du pays. Avec les projections de RTE prévoyant un doublement de la demande d’ici 2035, il devient impératif d’accélérer la mise en place de nouvelles infrastructures de production. Étant donné l’impossibilité de construire de nouvelles centrales nucléaires dans ce laps de temps, il est urgent d’explorer toutes les possibilités pour augmenter la production d’énergie renouvelable. Le concept de repowering, impliquant le renouvellement des parcs éoliens et solaires en fin de vie, se profile comme une approche écologiquement avantageuse et à déploiement rapide. Cette stratégie joue un rôle crucial pour insuffler l’accélération nécessaire dans la transition vers les énergies renouvelables.
 
Les besoins croissants de la France sont en décalage avec la lenteur administrative actuelle
 
La France est le seul pays européen à ne pas avoir respecté son engagement en termes de part d’énergies renouvelables dans la consommation finale du pays en 2020. Elle a ainsi été condamnée par la Commission Européenne à acheter pour 500 millions d’euros de mégawatts à d’autres pays comme l’Italie, l’Allemagne ou la Suède. Promulguée le 10 mars 2023, la Loi d’accélération des énergies renouvelables avait notamment vocation à combler ce retard. Bien que cette législation aille dans le bon sens, son effet escompté reste insuffisant. Sont notamment à blâmer le manque d’efforts pour lever les servitudes techniques (aéronautique, radars...), les carences de moyens dédiés à l’instruction des demandes d’autorisations, le suivi défaillant des projets par les services de l’Etat, l’absence de planification et la longueur des procédures. Dès lors, le déploiement de nouvelles capacités renouvelables ne peut que demeurer trop lent et complexe face aux enjeux qui s’imposent à nous. Ce manque d’agilité est en décalage avec les prévisions de RTE sur les besoins à venir du pays. L’électrification des usages, en vue de réduire les émissions de CO2 autant pour la mobilité que l’industrie, devrait provoquer un doublement des besoins du territoire d’ici à 2035. Un délai trop court pour la mise en service de nouvelles installations nucléaires, à supposer que le nucléaire soit une solution durable compte tenu de son coût, de ses risques et de sa complexité de démantèlement. Si l’efficacité énergétique, la sobriété, ou l’optimisation de la production du nucléaire existant sont des leviers pour pallier ce besoin, une accélération plus franche du déploiement des énergies renouvelables est plus que jamais impérative. 
  
Tirer le meilleur parti du potentiel énergétique proposé par le repowering
 
La lenteur administrative est un frein caractéristique au développement des nouveaux projets d’infrastructures d’énergies renouvelables et le renouvellement de sites en fin de vie ne fait pas exception. Ce procédé devrait pourtant contourner nombre d’obstacles et nous permettre d’augmenter rapidement nos capacités de production. Le repowering est considéré par l’Ademe comme l’une des principales solutions permettant d’atteindre les objectifs ambitieux du gouvernement français en matière de production d’énergie renouvelable tels qu’ils ont été définis dans la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE), justement parce qu’il représente un levier rapidement mobilisable. Mais dans les faits, le potentiel du repoweringn’est que trop peu exploité en raison des blocages sur les servitudes aéronautique ou radars qui empêchent d’optimiser le design des projets en repowering (limitation de hauteur notamment), du manque de soutien des autorités administratives et du défaut de célérité dans l’instruction des dossiers.  
 
Les nombreux avantages du repowering
 
Avec des délais théoriques bien plus courts que le développement ex-nihilo, les projets de repowering bénéficient d’une bonne acceptabilité de la part des riverains. Ils permettent également de tirer parti de l’amélioration des technologies de production en installant des infrastructures plus performantes tout en capitalisant sur le retour d’expérience de l’exploitation passée du parc. Projet pionnier en France, le parc éolien de Souleilla-Corbière dans l’Aude va ainsi voir sa puissance totale installée croître de plus de 15% et sa production d’énergie de 20% après son repowering, sans que le nombre ou la taille des éoliennes ne soient augmentés à cause d’une servitude radar météorologique. La levée des servitudes aurait permis à minima de doubler la capacité du parc, maximisant ainsi la quantité d’énergie décarbonée produite. Un bénéfice écologique intrinsèque qui se couple à la mise en œuvre croissante de démarches vertueuses dans le démantèlement des parcs existants par les acteurs de la filière. Ainsi, 99,4% des anciennes installations du parc éolien de Souleilla-Corbières ont été recyclées ou réemployées, dont 80% à moins de 100km du site.    
  
Près de 25 ans après la construction des premiers parcs éoliens en Europe, la fin de vie et le renouvellement des sites de production d’énergie renouvelable deviennent des questions stratégiques majeures pour la politique énergétique française et européenne. En facilitant réglementairement et en encourageant économiquement ces processus, la France pourrait non seulement rattraper plus rapidement son retard en matière de transition énergétique mais aussi participer au développement d’une filière écologique d’excellence. Alors que la nécessité d’augmenter notre capacité de production et de diversifier notre mix énergétique se fait de plus en plus impérieuse, les pouvoirs publics français ont ainsi à leur portée un outil des plus précieux pour répondre aux enjeux écologiques, économiques et géostratégiques les plus urgents. 
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