Produire simultanément de l’électricité, de la chaleur et de l’eau chaude à partir d’une installation solaire couplée à une pompe à chaleur : c’est le principe de MAX, développé par Dualsun et Arkteos. Présentée comme la première solution de solarothermie destinée au résidentiel, elle associe les panneaux hybrides SPRING MAX de Dualsun à une pompe à chaleur eau-eau Invelia d’Arkteos. L’objectif affiché par les deux fabricants est de proposer une alternative aux chaudières fossiles, sans recourir au forage généralement associé aux installations géothermiques. Selon leurs estimations, le système pourrait permettre jusqu’à 80 % de réduction des dépenses énergétiques d’un logement.
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La solarothermie reprend certains principes de la géothermie, mais remplace la sonde installée dans le sous-sol par un échangeur thermique intégré aux panneaux solaires. Celui-ci capte la chaleur disponible au niveau de la toiture pour alimenter la pompe à chaleur eau-eau.
Le système permet ainsi de valoriser simultanément le rayonnement solaire et la chaleur présente dans l’air. D’après Dualsun et Arkteos, la production thermique peut se poursuivre la nuit et lorsque les températures extérieures sont négatives, jusqu’à -15 °C. Autre particularité : l’installation ne nécessite pas d’unité extérieure ni de forage. Les fabricants mettent ainsi en avant une solution plus discrète et adaptée aux logements où l’installation d’une pompe à chaleur classique peut être contrainte par les règles d’urbanisme ou les nuisances sonores.
Deux technologies développées en France
MAX repose sur deux équipements développés et fabriqués en France. Le premier est le SPRING MAX, panneau solaire hybride de Dualsun combinant production photovoltaïque et récupération de chaleur. Son échangeur thermique en aluminium, équipé d’ailettes, a été conçu pour augmenter la récupération de chaleur. Les panneaux sont assemblés à Jujurieux, dans l’Ain. Ils sont associés à la pompe à chaleur eau-eau Invelia, développée par Arkteos à partir de son expertise dans le domaine de la géothermie. Équipée notamment d’un compresseur Inverter et d’une régulation connectée, cette PAC a été spécifiquement adaptée au fonctionnement avec les panneaux SPRING MAX. Sa fabrication est réalisée à Guérande, en Loire-Atlantique. Cette association est le résultat de trois années de collaboration entre les deux industriels. Après plusieurs prototypes, bancs d’essais et installations pilotes menées à partir de 2024, les fabricants ont engagé la commercialisation de MAX.
« Ce qui fait toute la beauté d’une solution, c’est sa simplicité. Avec Dualsun MAX, nous réunissons enfin deux technologies qui avaient tout pour fonctionner ensemble », explique Jérôme Mouterde, cofondateur et CEO de Dualsun.
Une installation pensée pour les professionnels
Pour les installateurs, l’un des enjeux de cette nouvelle solution est de simplifier la mise en œuvre. MAX regroupe dans un même système la production de chauffage, d’eau chaude sanitaire et d’électricité. La pose est annoncée comme comparable à celle d’une pompe à chaleur air/eau associée à des panneaux photovoltaïques, sans les opérations de forage nécessaires pour certaines installations géothermiques. Les fabricants indiquent également que la maintenance reste similaire à celle d’une PAC air/eau. Dualsun et Arkteos misent parallèlement sur la formation des professionnels. Les installateurs du chauffage et du solaire peuvent notamment être formés dans les académies Dualsun de Marseille et Lyon, ainsi qu’au centre de formation d’Arkteos à Guérande. Les formations associent modules techniques, accompagnement sur le terrain et assistance lors de la mise en service.
Des premiers résultats en conditions réelles
Deux maisons pilotes ont été équipées de MAX, avec respectivement 12 et 15 panneaux SPRING MAX associés à des pompes à chaleur Invelia de 9 et 12 kW. Les installations ont été suivies durant l’hiver afin d’évaluer leur fonctionnement dans différentes conditions climatiques.
Les fabricants indiquent que le recours à l’appoint électrique est resté inférieur à 1 % de l’énergie totale consommée. Le facteur de performance moyen aurait atteint 2,8 sur le site de Villette-lès-Dole, dans le Jura, et 3,4 à Chavelot, dans les Vosges. Des pointes à 7 ont également été observées lors de journées ensoleillées. Les panneaux auraient par ailleurs continué à fonctionner en présence de givre, de condensation ou de neige, grâce au système de dégivrage automatique de la pompe à chaleur. À Chavelot, le propriétaire d’une installation MAX indique pour sa part avoir vu sa facture énergétique annuelle passer d’environ 2 700 à moins de 900 euros, soit une division par trois. Ces résultats restent toutefois issus des premiers sites pilotes et devront être confirmés par un déploiement plus large.
Jusqu’à 1 000 installations par an
Pour les particuliers, Dualsun et Arkteos annoncent un coût d’installation compris entre 20 000 et 25 000 euros après aides, pour un ménage aux revenus intermédiaires et selon les caractéristiques du logement. Les dispositifs pris en compte comprennent notamment MaPrimeRénov’, les CEE, la TVA réduite et l’éco-PTZ. Selon les projections communiquées par Dualsun, MAX pourrait permettre jusqu’à 30 000 euros d’économies sur dix ans dans le cas de référence étudié. Le fabricant estime également que la solution pourrait contribuer à améliorer le classement énergétique d’un logement de deux classes au maximum. Ces chiffres dépendent néanmoins fortement de la situation du logement, de son niveau d’isolation, du climat local et des besoins de chauffage.
Une montée en puissance industrielle
Après les premiers chantiers pilotes, Dualsun et Arkteos prévoient de réaliser 100 premières installations durant l’hiver, avant de viser un rythme de 1 000 unités par an à partir de 2027. Cette montée en puissance doit également soutenir les capacités industrielles françaises des deux entreprises. Arkteos prévoit notamment la mise en place d’une ligne d’assemblage semi-automatique à Guérande et le recrutement de nouveaux opérateurs. Avec MAX, les deux industriels cherchent ainsi à rapprocher deux marchés en plein développement : celui du solaire résidentiel et celui des pompes à chaleur. L’enjeu sera désormais de démontrer que cette combinaison peut être déployée à grande échelle, tout en conservant les performances observées sur les premiers logements pilotes.