Découvrez nos magazines
Formules print et numériques (à partir de 8,90 €)
Accès abonnés ✒ Nos offres magazines Voir nos offres
Menu

POLITIQUES
EAU
RECYCLAGE
ÉNERGIE
TERRITOIRES
CLEANTECH
POLITIQUES
POLLUTIONS
BIODIVERSITÉ
MOBILITÉ
VIDÉOS

[Tribune] RSE : le rapport Notat-Senard induit une véritable transformation culturelle pour les entreprises

Partager :
[Tribune] RSE : le rapport Notat-Senard induit une véritable transformation culturelle pour les entreprises
Par Agnès Rambaud-Paquin, présidente du Comité DD&RSE de Consult’in France et Présidente fondatrice du cabinet "Des Enjeux et des Hommes", le 26 mars 2018
✉ Découvrez notre newsletter gratuite Politiques
Cette semaine, Agnès Rambaud-Paquin, présidente du Comité DD&RSE de Consult’in France* et présidente fondatrice du cabinet "Des enjeux et des Hommes", revient sur la publication du rapport Notat-Senard remis au gouvernement le 9 mars dernier. Elle souligne qu’il "consacre la RSE, attestant que celle-ci ne doit pas être une réponse à une obligation réglementaire mais bien un levier clé qui conditionne la performance globale et la pérennité de l’entreprise".

Le rapport remis le 9 mars dernier par Nicole Notat, ancienne dirigeante de la CFDT, et Jean-Dominique Senard, Président de Michelin - qui s’étaient vus confier début janvier par l’exécutif un chantier sur « l’entreprise et l’intérêt général » - a été nourri par plus de 200 auditions (patrons, juristes, investisseurs, associations, organisations professionnelles, consultants, etc.). Il en ressort une opportunité unique pour les entreprises françaises d’aligner leur raison d’être, leur stratégie et leur gouvernance.

Le rapport Notat-Sénard explicite en première partie le lien entre entreprise et intérêt général tel qu’il existe aujourd’hui :
- Le rôle de l’entreprise n’est pas aujourd’hui – en France - de répondre à l’intérêt général. Ce rôle est dévolu à l’Etat ou aux associations à but non lucratif.
- En revanche, l’entreprise a un « intérêt propre » (« supérieur », collectif, qui dépasse les intérêts particuliers notamment de ses actionnaires) qualifié d’« intérêt social » par la jurisprudence.

Les auteurs formulent ensuite un certain nombre de recommandations - 14 au total. Certaines de ces propositions concernent le plus grand nombre et consacrent la RSE, attestant que celle-ci ne doit pas être une réponse à une obligation réglementaire mais bien un levier clé qui conditionne la performance globale et la pérennité de l’entreprise.

1 - Le rapport appelle – par l’introduction d’un alinéa à l’article 1833 du code civil - à la considération des enjeux sociaux et environnementaux de son activité.

C’est précisément ce qu’apporte la RSE : la prise en compte dans les actes de gestion (les décisions d’implantation, d’investissement, le choix des fournisseurs…) de paramètres tels que le dérèglement climatique, l’épuisement des ressources, les inégalités sociales… et la maitrise des effets (impacts positifs et négatifs, directs et indirects) exercés sur la société.

2 - Il invite à la formulation - dans l’article 1835 du code civil et via l’amendement de l’article L 225-35 du code commerce - de la raison d’être de l’entreprise au-delà de l’objet social (qui est en général simplement descriptif de l’activité)

Cela doit permettre de :
- questionner les entrepreneurs sur la contribution de leur projet à la résolution de grands défis sociétaux et notamment aux 17 Objectifs du Développement Durable,
- réunir les dirigeants et les actionnaires autour d’une vision « moyen et long terme » ou tout du moins contrebalancer les pressions très court-termistes,
- aligner la stratégie business sur la réponse à cette raison d’être,
- « mobiliser » les conseils d’administration sur le suivi de la cohérence des orientations prises,
- inspirer les salariés en quête de sens à leur engagement.

3 - Il préconise l’instauration d’un dialogue avec les parties prenantes :
- internes par la recommandation de renforcer la représentation des administrateurs salariés dans les conseils d’administration et de surveillance, comme par celle d’inscrire les sujets de RSE au dialogue social,
- externes, par la préconisation de créer des "comités de parties prenantes » rattachés aux Directions Générales.

L’ouverture au dialogue est une pratique consubstantielle à toute démarche RSE. L’entreprise ne peut plus se considérer comme un système fermé, elle est, comme le précise le titre du rapport, un « objet d’intérêt collectif ».

4 - Enfin, il promeut les notions de mesure, de reporting extra financier, d’évaluation par un organisme tiers voire de labélisation (cf. l’expérimentation des référentiels sectoriels porté par la Plateforme RSE), renforçant ainsi l’exigence de robustesse des démarches d’amélioration continue.
Il préconise d’ailleurs de généraliser l’intégration de critères extra financiers dans le calcul de la part variable des rémunérations, une pratique déjà répandue dans le CAC 40.

L’ensemble des recommandations oriente vers une économie plus durable et de fait plus contributive aux intérêts collectifs. Il aura fallu 30 ans depuis le rapport Brundlandt pour que la RSE ne soit plus considérée comme une « option».

Il convient maintenant que la transcription de ces mesures dans le droit civil et le droit du commerce soit votée par le parlement dans le cadre du projet de loi PACTE (pour la Croissance et la Transformation des Entreprises). Cela constituera une étape déterminante pour que les dirigeants ne subissent plus, mais initient les principes d’une « conduite responsable des affaires ».

Dans un monde où l’image de l’entreprise est dépréciée, suite aux divers scandales et excès d’un « certain » capitalisme, ce changement est nécessaire pour hisser au niveau européen et au-delà, une vision refondée de la notion d’entreprise.

Dans ce contexte, les experts, dont les consultants en RSE font partie, contribueront à ce que le rapport soit mis en œuvre dans les pratiques. Les modifications proposées sont à la portée des dirigeants car elles tiennent compte de la réalité des entreprises, de leurs enjeux de compétitivité et de pérennité. Il conviendra de les accompagner sur :
- La formulation de la raison d’être de leur projet, concise, claire et mobilisatrice (le « why » décrit par Simon Sinek dans son ouvrage « Start with why »),
- L’embarquement des équipes dans cette aventure,
- La mesure des enjeux sociaux et environnementaux : c’est le sens des travaux conduits aujourd’hui avec les Directions RSE sur l’exercice de matérialité ou sur les analyses de risques qui permettent d’identifier les enjeux les plus significatifs sur lesquels agir,
- L’ouverture au dialogue avec les parties prenantes qui demande de cartographier l’écosystème, de clarifier les intentions et les modalités du dialogue et de construire des dispositifs adaptés,
- L’alignement de la stratégie jusqu’à la réorientation des business model et des offres,
- La refonte de la gouvernance et la sensibilisation des actionnaires comme des administrateurs à leur « nouveau » rôle.

Ces transformations seront certes rendues possibles par la mobilisation d’outils nouveaux mais seront sans effet sans un changement de paradigme fort : un alignement de la raison d’être de l’entreprise avec sa stratégie et sa gouvernance. Nous allons ainsi assister à une véritable transformation culturelle au sein des organisations.


*Le Comité DD&RSE de Consult’in France est composé de cabinets « pure players » de la RSE : Birdéo, B&L Evolution, Calix, des Enjeux et des Hommes, ekodev, Equilibres, Johanson-International, Nuova Vista, Oravéo, Stimulus, Sustainable Metrics, Transitions, Utopies.
Agnès Rambaud-Paquin, présidente du Comité DD&RSE de Consult'in France et présidente fondatrice du cabinet "Des enjeux et des Hommes"
Retrouvez toute l'information "politiques" dans Environnement Magazine.
Environnement Magazine, l'information de référence pour tous les acteurs et décideurs du développement durable et des métiers de l'environnement.
Consulter le magazine
Offre digitale
à partir de
8,90 €

Je découvre
S'identifier
S'inscrire
  Environnement TV à la cime des arbres

Ne perdez pas une minute, Environnement TV est en ligne !
Toutes nos vidéos
À lire également
Sophie Mourlon nommée directrice de l’Énergie à la DGEC
Par décret du 24 juillet, Sophie Mourlon a été nommée directrice de l’Énergie à la direction générale de l’Énergie et du Climat du ministère de la Transition écologique et solidaire.
Nominations à la DGEC et au cabinet ministériel d'Elisabeth Borne
Début août, le chef de service du climat et de l'efficacité énergétique a été renouvelé au sein de la direction générale de l'énergie et du climat (DGEC). Une conseillère société civile et dialogue environnemental ainsi qu'un conseiller transports terrestres, ont été nommés au cabinet de la ministre de la transition écologique, Elisabeth Borne.
L'Assemblée nationale approuve la ratification du Ceta
L'Assemblée nationale approuve la ratification du Ceta
Ce mardi 23 juillet, l'Assemblée nationale a approuvé la ratification du traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada par 266 voix contre 213.
Climat au G7 : beaucoup de bruit pour rien ?
Climat au G7 : beaucoup de bruit pour rien ?
Les ONG et acteurs de la société civile sont globalement déçus des conclusions du sommet du G7 qui éludent la question du climat.
Le tribunal administratif de Rennes suspend l'arrêté anti-pesticides du maire de Langouët
Le tribunal administratif de Rennes suspend l'arrêté anti-pesticides du maire de Langouët
Ce mardi 27 août, le tribunal administratif de Rennes a suspendu l'exécution de l'arrêté anti-pesticides, pris le 18 mai dernier par le maire de la commune de Langouët en Ille-et-Vilaine.
« Les achats responsables doivent être pensés comme stratégiques et créateurs de valeur »
« Les achats responsables doivent être pensés comme stratégiques et créateurs de valeur »
L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) s’est engagée résolument dans l’accompagnement des collectivités locales et des entreprises sur la voie de l’économie circulaire. Dans le cadre de ce soutien, l’agence préconise notamment la mise en place d’« achats professionnels responsables ». Rencontre avec Antoine Bonsch, chargé de mission économie circulaire à l’Ademe Nouvelle-Aquitaine.
G7 : les entreprises de la mode signent un pacte pour le climat
G7 : les entreprises de la mode signent un pacte pour le climat
A la veille de l'ouverture du sommet du G7 à Biarritz, 32 entreprises mondiales de la mode et du textile signent un « fashion pact » sur le climat, la biodiversité et les océans.
Tous les articles POLITIQUES
Appels d'offres
En partenariat avec
Accès au kiosque
Événements
Rencontres Internationales de la Mobilite Durable
20 Septembre 2019
Rencontres Internationales de la Mobilite Durable
JDL 2019
25 Septembre 2019
JDL 2019
Cycl'eau Vichy
25 Septembre 2019
Cycl'eau Vichy
+ d'événements
Emploi
- Agent qualifié d'exploitation (H/F) /LA ROCHE SUR YON (85)
- Opérateur de production/traitement H/F
- Responsable environnement-hygiène-sécurité en industrie
- Consultant PMO/PMBP- aéronautique (réf: GEN-P2-APN-ANV) F/H
+ d’offres
Rubriques
Eau
Recyclage
Énergie
Territoires
Cleantech
Politiques
Pollutions
Biodiversité
Mobilité
Réseaux sociaux
Facebook
Twitter
LinkedIn
Youtube
Magazines
BTP Magazine
BTP Rail
Environnement Magazine
Hydroplus
Mat Environnement
Planète B
Réseaux VRD
Terrassements & Carrières
Services
Pages d'aide (FAQ)
Emploi
Newsletters
Agenda
Abonnés
RGPD 2018
CGV (digital)
CGV (magazines)
CGV (pub)
Nous contacter
L’équipe
Mentions légales
constructioncayola.com est un site du Groupe Cayola.