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Finance et climat : Oxfam pointe du doigt les banques françaises

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Finance et climat : Oxfam pointe du doigt les banques françaises
Par E.G, le 5 juin 2019
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Ce mercredi 5 juin, l’ONG Oxfam France publie un classement de huit banques françaises selon leur degré d’investissement environnemental et social. Les engagements sont jugés insuffisants et l’ONG appelle le gouvernement à prendre des mesures de régulation.

L’ONG Oxfam France a évalué, en partenariat avec Fair Finance France1, les engagements environnementaux, sociaux et de gouvernance de huit banques françaises : la Société générale, la Banque postale, le Crédit agricole, BPCE-Natixis, le Crédit mutuel, la Nef, BNP Paribas et le Crédit coopératif. « Le verdict est sans appel : ces engagements sont insuffisants et montrent les limites de l’approche volontaire adoptée par le secteur financier », estime Oxfam France, qui invite ainsi les grandes banques à relever leurs ambitions et l’Etat à adopter des mesures contraignant le secteur financier à limiter ses impacts sur le climat.

Le Crédit Mutuel en bas du classement

Tout en bas du classement publié par l’ONG, on trouve le Crédit mutuel, qui obtient une note de 1,9/10. « La banque a annoncé la fin de ses financements de projets aux mines et centrales à charbon, mais n’a restreint qu’une partie de ses soutiens aux entreprises opérant dans ce secteur (…) et le groupe ne calcule pas les émissions générées par ses activités de financement », souligne Oxfam. A noter cependant qu’« en 2016 et 2017, le Crédit mutuel a accordé près de 800 millions d’euros de financement aux énergies renouvelables, contre près de deux fois moins pour les énergies fossiles ». Mais la banque « investit 460 millions d’euros dans des actions d’entreprises exposées aux énergies fossiles, contre seulement 43 millions d’euros dans les entreprises exposées aux énergies renouvelables », ajoute l’ONG.

Avec une note de 2,4/10, BPCE-Natixis se classe avant-dernière, car « elle continue de financer des entreprises charbonnées et n’a publié aucun plan de sortie des énergies fossiles : en 2016 et 2017, ce sont 5,6 milliards d’euros qui ont été financés par la banque dans les énergies fossiles et seulement 1,6 milliards d’euros dans les renouvelables », peut-on lire. Classées ex-æquo, la Société générale et le Crédit agricole obtiennent toutes deux une note de 2,6/10. « En 2016 et 2017, Société Générale a financé les énergies fossiles à hauteur de 11,5 milliards d’euros contre 3,3 milliards d’euros pour les renouvelables », indique Oxfam France. Quant au Crédit agricole, il a consacré « en 2016-2017, 12,6 milliards d’euros aux énergies fossiles contre seulement 2,7 milliards d’euros aux énergies renouvelables », est-il précisé. L’ONG ajoute même que le « Crédit Agricole obtient la palme de la proportion de financements dans les fossiles la plus élevée : entre 2017 et 2016, la banque a augmenté ses financements fossiles de 3,4 milliards d’euros, quand dans le même temps, la banque a baissé ses financements aux énergies renouvelables de près de 400 millions d’euros ». BNP Paribas obtient quant à elle une note de 3,2/10. Malgré l’annonce de la fin des financements aux énergies charbonnées et la publication des émissions générées par ses activités, « BNP Paribas est la première banque française en matière de soutiens aux énergies fossiles, avec 12,8 milliards d’euros consacrés aux énergies fossiles en 2016 et 2017. Elle a ainsi financé 4 fois plus les énergies fossiles que les énergies renouvelables », souligne Oxfam.

La Nef et le Crédit Coopératif, bonnes élèves

Sur les trois premières marches du podium, on trouve la Nef, le Crédit coopératif et la Banque postale. Cette dernière est classée troisième avec une note de 4,4/10 : « En 2016 et 2017, avec un financement de près de 200 millions d’euros dans les énergies renouvelables et de seulement 16 millions pour les fossiles, la Banque postale finance douze fois plus les renouvelables que les fossiles », précise le classement. Cette banque perd cependant des points vis-à-vis de ses investissements dans des actions d’entreprises : 719 millions d’euros pour les entreprises exposées aux énergies fossiles, contre seulement 80 millions d’euros dans les entreprises exposées aux énergies renouvelables.

En deuxième position, on trouve le Crédit coopératif, avec une note de 7,4/10. « Le Crédit Coopératif a peu d’impacts négatifs sur l’environnement car il finance l’économie sociale et solidaire et il a fait le choix de ne pas financer les énergies fossiles », explique Oxfam France. Seule ombre au tableau : la banque ne publie pas les émissions de gaz à effet de serre générées ses les projets et entreprises qu’elle finance. A noter que le Crédit coopératif fait partie du groupe BPCE-Natixis.
Enfin, en première place avec une note de 10/10, on trouve la Nef. Cette banque « ne finance que des projets à impacts neutres et positifs, notamment autour des énergies renouvelables et de l’agriculture biologique et publie chaque année l’intégralité des projets et entreprises qu’elle finance », explique Oxfam.

« Les banques connaissent leur responsabilité »

Alexandre Poidatz, chargé de la régulation du secteur financier chez Oxfam France indique que « parmi les types d’énergies privilégiées par les banques, le charbon reste encore trop prépondérant, comptant en moyenne pour 8,5 % des énergies financées tandis que le gaz et le pétrole représentent à eux deux 62,5 % ». Il estime que « c’est bien trop au regard des financements vers les énergies renouvelables qui ne représentent que 19,6% du total ». Et d’ajouter : « Les banques connaissent leur responsabilité dans la crise climatique. Il est temps qu’elles arrêtent de se cacher derrière des mesures d’autorégulation et de la communication faussement volontariste. »


1 : Ce classement se fonde sur la grille d’évaluation des politiques de crédit et d’investissement des banques mise au point par l’initiative Fair france guide international, dont Fair France Finance fait partie.
Crédit : Edward Hands / Source : Wikimedia Commons
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