Le traité de Rome a créé un espace économique et politique commun à une époque où les États européens avaient compris qu’ils ne pouvaient plus penser leur prospérité indépendamment les uns des autres. Après l’union douanière, l’union monétaire, jusqu’à l’adoption d’une monnaie unique, a approfondi cette logique. La transition écologique impose un mouvement comparable, car toute politique écologique pensée à l’échelle nationale se trouve en décalage avec les réalités qu’elle cherche à transformer.
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L’Europe est souvent présentée comme une puissance qui réglemente faute de pouvoir agir. Dans le domaine écologique, elle a, au contraire, commencé à construire des instruments et dispositifs robustes. L’enjeu est désormais de rendre cette architecture plus cohérente et plus lisible. Or les reculs récents, du report du marché carbone pour le bâtiment et les transports à l’assouplissement de l’échéance de 2035 pour les voitures thermiques, sont tous nés de marchandages à vingt-sept. C’est l’argument même d’un traité entre volontaires. Le traité d’Amsterdam l’a déjà anticipé dès 1997, avec les coopérations renforcées. Rien n’empêche donc un premier cercle de pays d’adopter dès maintenant des règles plus ambitieuses sur l’écoconception ou la tarification du carbone. Une union écologique aurait aussi une portée industrielle majeure. La transition écologique ne peut être séparée de la souveraineté productive. Elle doit permettre à l’Europe d’imposer ses règles et de conserver ses capacités industrielles tout en transformant profondément la manière dont elle produit. Après avoir uni leurs marchés, les Européens peuvent désormais franchir une nouvelle étape en faisant de la performance environnementale un principe commun de leur modèle économique. C’est l’occasion de poursuivre une construction européenne adaptée à l’un des grands défis de notre siècle, l’occasion aussi de reparler au cœur des peuples et d’affirmer notre place parmi les nations.