Il faisait figure de dinosaure au sein du CNRS. Les opérations de démantèlement de l'unique réacteur nucléaire de l'Éducation nationale ont débuté mi-septembre sur le campus de l'université Louis-Pasteur, à Schiltigheim (Bas-Rhin). En fonction de 1966 à 1997, le réacteur « entrait encore, jusqu'à l'an dernier, directement dans le programme d'enseignement universitaire. Mais le démantèlement des installations est beaucoup plus à l'ordre du jour aujourd'hui qu'il y a quinze ans », souligne Jean-Claude Sens, professeur de physique nucléaire. D'un coût de 3 M%26euro;, le chantier, dont la maîtrise d'ouvrage a été confiée à l'ULP associée au CEA, devrait durer un an. À son terme, le bâtiment actuel sera rayé du registre des installations nucléaires de base. Si le combustible a été évacué vers La Hague en 2000, demeure la structure du réacteur, soit 95 tonnes de béton classé FA (faible activité), 200 tonnes de TFA (très faible activité) et 300 t de béton conventionnel, selon la classification de l'Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs). C'est la société Bouygues qui acheminera les déchets irradiés vers les centres de stockage de l'Andra dans l'Aube. Les convois chargés de bétons FA feront un détour par l'Isère pour être expertisés au CEA de Grenoble. À Schiltigheim, une étude d'impact a évalué les risques encourus par la population dans un rayon de 500 m. Résultat : en cas de scénario catastrophe, l'exposition serait un million de fois inférieure à une exposition naturelle pendant un an.