Pourquoi le sort du pôle environnement de GDF-Suez vous préoccupe-t-il ?
Parce que ce rapprochement touche à des secteurs l'eau et les déchets dans lesquels les collectivités locales ont massivement investi et pour lesquels elles sont souvent en contrat de délégation de service public avec le groupe concerné. Ces dernières années, les relations se sont beaucoup améliorées avec les entreprises délégataires, dans le sens d'un meilleur équilibre entre elles et nous. Certaines ont accepté de revoir leurs contrats pour mieux préserver nos intérêts, il ne faudrait pas que cette redistribution des cartes remette tout en cause. Et encore moins que ces marchés gourmands en capitaux et nécessitant une gestion à long terme soient soumis à la seule loi de la Bourse et des taux de retour sur investissements.
Mais Suez Environnement était déjà un groupe privé coté en Bourse...
Oui, mais le rapprochement avec Gaz de France a voulu que l'activité environnement sorte du giron, Suez ne conservant que 35 % des parts. Qui nous dit qu'un concurrent de poids ne sera pas tenté de prendre le contrôle du reste et ainsi créer une situation de monopole qui serait problématique pour les contrats de délégation en cours ? Nous voulons que le privé entretienne une concurrence.
Si vous n'êtes pas satisfait du délégataire, pourquoi
ne pas vous reporter sur l'exploitation en régie directe ?
Cette forme de gestion des services liés à l'eau et aux déchets est déjà bien représentée parmi nos 10 000 communes adhérentes. Mais encore faut-il que cette possibilité perdure. À l'expiration des contrats de délégation de service public, nous voulons continuer à avoir le choix et la garantie qu'il soit réversible.