La première station de recherche zéro énergie en Antarctique sera belge ! Nommée Princess Elisabeth, elle a quitté le port d'Anvers début septembre pour le nunatak Utsteinen, un territoire revendiqué par la Norvège qu'elle rejoindra en décembre. Selon International Polar Foundation, qui porte le projet, des panneaux solaires et sept éoliennes, développant 45 kW, viendront rejoindre un premier mât installé en 2006 et couvriront les besoins en électricité. « Afin d'éviter toute déperdition de chaleur », les parois du bâtiment comptent neuf couches : acier inoxydable, mousse à cellule ouverte, EPDM (un caoutchouc thermoplastique), lamellé-collé d'épicéa, polystyrène expansé basse densité chargé de graphite, à nouveau lamellé-collé, papier kraft, feuille pare-vapeur d'aluminium, feutre de laine. Princess Elisabeth sera dotée d'un système de contrôle et de suivi de la consommation ainsi que d'instruments à haut rendement énergétique. Le bâtiment a été conçu pour grouper toutes les sources de chaleur au centre de la station et opérer ce que ses concepteurs appellent un « recyclage thermique ». Associé à un chauffage solaire, ce système doit maintenir la température intérieure entre 18 et 20 °C durant sa période habitée. International Polar Foundation a même prévu un système de traitement des eaux usées (bioréacteur, UV, charbon actif) pour que 75 % soient réutilisées. Ce projet aura coûté 11,5 millions d'euros, financés par un partenariat privé, et nécessité un an d'études et autant de conception. La première expédition est prévue en novembre 2008.