L'association Roule ma frite 17 s'est implantée sur l'île d'Oléron en mars dernier, avec pour objectif la valorisation des déchets et en particulier le recyclage des huiles de friture. Cette première saison d'activité lui a permis de collecter 10 000 litres d'huiles en un peu plus de trois mois d'été, auprès de 52 professionnels adhérents (restaurants, campings, etc.). L'association revend ensuite après filtration ce carburant alternatif, au prix de 0,50 euro le litre, à trente-neuf particuliers adhérents. Deux jeunes Oléronnais, Laurie Durand et Grégory Gendre, sont à l'origine du projet. L'initiative est née à Marseille en 2004, puis a essaimé à Saint-Brieuc et à Lyon. Deux autres associations sont en projet à Dijon et à Bordeaux. En septembre, les premières assises nationales du réseau Roule ma frite ont entériné la création d'une fédération composée d'antennes locales travaillant ensemble à l'ouverture de nouvelles stations à travers la France, voire au-delà. Et à la reconnaissance légale et fiscale de ce carburant qui pour l'instant reste interdit à la vente « s'il ne paie pas la taxe du carburant qu'il est censé remplacer », selon l'Ademe. Parallèlement, la communauté d'agglomération de La Rochelle a en projet, avec l'association oléronnaise, d'ouvrir une usine de filtration d'une capacité de 50 000 à 100 000 litres par an pour alimenter ses véhicules de service. La construction de la station devait s'achever ce mois-ci pour un coût de 55 000 euros. Cet usage serait en revanche parfaitement légal, les huiles usagées étant assimilables aux huiles végétales pures, que la loi de finance autorise désormais en flotte de collectivité (hors transport de personnes), en engins agricoles et en bateaux de pêche depuis le fameux précédent de Villeneuve-sur-Lot (lire EM n° 1645 p. 14). Imitant sa voisine, la communauté de communes du val de Garonne (47) vient d'ailleurs de convertir la sienne.