Le secteur des énergies renouvelables se doit d'être exemplaire dans la préservation de l'environnement. Y compris avec ses déchets. Ceux-ci sont encore négligeables puisque le photovoltaïque et l'éolien sont des industries jeunes, dont les produits ont une durée de vie de plus de vingt ans. Mais c'est dès aujourd'hui que se prévoient la récupération et le recyclage des panneaux solaires et autres éoliennes. L'industrie du photovoltaïque vient ainsi de lancer un système de récupération volontaire des panneaux usagés.
Principale raison de cette initiative : échapper à la directive sur les déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE, lire EM 1630, p. 45). Actuellement, l'industrie photovoltaïque n'y est pas soumise, mais pourrait l'être dans le cadre de la révision prévue cette année.
Prendre
les devants
« Le photovoltaïque n'est pas encore compétitif, et la directive DEEE serait une barrière supplémentaire à sa compétitivité, justifie Eleni Despotou, secrétaire générale de l'Association européenne de l'industrie photovoltaïque ( Epia). En effet, l'Europe et les États membres imposent des règles sur l'organisation du recyclage. De plus, chaque pays adapte différemment les directives européennes, d'où une diversité de lois dommageable à notre industrie. Sans compter les barrières administratives, qui engendrent des coûts supplémentaires. C'est pourquoi nous préférons nous organiser nous-mêmes. »
Recyclage garanti
Une association a donc été créée pour la récupération et le recyclage des panneaux photovoltaïques : PV Cycle rassemble 23 entreprises représentant 60 à 70 % du marché européen. Objectif : récupérer 90 % des panneaux d'ici à 2015. Une étude sur les scénarios de collecte et de recyclage et leurs coûts devait être publiée fin décembre.
« Dans tous les cas, la responsabilité des déchets restera au producteur, souligne Eleni Despotou. Par ailleurs, nous réfléchissons à une garantie en cas de faillite, financée par un fonds commun. » Seule une proposition précise, rassemblant une grande majorité des producteurs de panneaux et décrivant les objectifs à atteindre et les moyens à mettre en place, pourra être acceptée par l'Union européenne.
Techniquement, le recyclage est au point, affirment les professionnels. « Nous possédons les technologies et le savoir-faire, même s'il y a encore des recherches à mener pour récupérer toujours plus de matériaux », expose la secrétaire générale de l'Epia. Des recherches qui visent notamment à mieux séparer le plastique du verre. But : un taux de recyclage de 90 à 95 %. Pour les panneaux contenant des produits toxiques, comme ceux de la filière séléniure de cadmium (CdSe), l'opération doit être particulièrement exemplaire. Plus de 99,9 % du séléniure de cadmium peut ainsi être récupéré