Pas facile de développer le compostage collectif de déchets fermentescibles dans les grands ensembles urbains lorsque les habitants ne disposent pas de jardin pour épandre le compost. À Digne-les-Bains (04), l'installation des bacs de collecte au pied des immeubles HLM du Pigeonnier-Barbejas s'accompagne de l'aménagement, au coeur de la cité, de jardins solidaires, des potagers mis à disposition des habitants pour favoriser les échanges sociaux et sensibiliser la population aux pratiques écologiques. Des bacs de compostage y côtoient une vingtaine de parcelles individuelles et des zones collectives ou pédagogiques. Ces jardins constituent un débouché de proximité - et visible, un élément important pour inciter au tri - pour près de la moitié des 45 tonnes de déchets organiques rejetés annuellement par les 560 habitants du complexe HLM.
Pour contourner la difficulté de la transversalité du projet, et donc l'éclatement des responsabilités, deux associations locales (Gesper, spécialisée dans la promotion de l'écogestion, et À fleur de pierres, dans les jardins solidaires) se sont vues confier la maîtrise d'ouvrage. Pour l'heure, seuls les foyers qui disposent d'une parcelle individuelle compostent leurs déchets. Il faudra attendre le printemps pour que l'ensemble du projet, lancé en 2006, soit opérationnel. Environ 40 000 euros seront déboursés pour les infrastructures, y compris la création d'un forage qui fournira l'eau d'arrosage. Le coût de fonctionnement sur les trois premières années a été évalué à 70 000 euros au total. Il inclut la rémunération d'un salarié à mi-temps pour animer les jardins solidaires et superviser les opérations de compostage. L'intérêt suscité par l'opération et les espoirs de la voir faire école ont conduit le conseil général, l'Ademe et la Région à contribuer à son financement.