L'une des voies d'élimination du CO2 atmosphérique, encore en devenir mais très étudiée (lire EM n° 1669, p. 47), consiste à l'utiliser industriellement pour des opérations de carbonatation. Naturellement à l'oeuvre pour « maturer » certains déchets, de type mâchefers, ce phénomène peut être accéléré sur d'autres matrices comme les sols pollués. Il produit des carbonates et abaisse le pH à un niveau où la lixiviation des métaux est impossible. C'est cette approche que promeut Carbon 8, qui a réalisé des essais sur un site pyrotechnique pollué par un cocktail de métaux (de 600 à 96 000 mg/ kg). Baptisé ACT (Accelerated Carbonation Technology), ce procédé est efficace sur terres excavées pour garantir l'homogénéité du traitement. En vingt minutes seulement, la carbonatation est réalisée. Un sol riche en calcium favorise cette réaction, mais à défaut le procédé prévoit l'ajout d'un liant réactif : ciment, chaux ou un déchet tel que des poussières de cimenterie ou des cendres volantes d'incinération. Les essais comparatifs avec des procédés de stabilisation traditionnels sur huit ans ont montré une meilleure réduction des lixiviations et une amélioration des caractéristiques géotechniques du sol. Chez Carbon 8, on souligne que le coût du traitement reste du même ordre que la stabilisation car l'entreprise achète son CO2. Avec le développement des crédits carbone (l'idée étant d'utiliser un rejet industriel de CO2), le procédé ACT devrait afficher un sérieux avantage concurrentiel.