« L'environnement est une réserve de croissance fantastique », martèlent le ministre de l'Écologie, sa secrétaire d'État et même, à l'occasion, le président de la République. Depuis le Grenelle de l'environnement, le discours est bien passé mais, crise financière oblige, l'avenir pourrait être moins souriant.
Le chiffre record de 2 200 exposants au salon Pollutec ce mois-ci à Lyon prouve la belle vitalité des éco-industries, en particulier des PME-TPE qui réalisent plus de la moitié des 53 milliards du chiffre d'affaires du secteur. Mais il serait illusoire de croire que la crise financière n'aura pas d'effet sur ces structures, plus vulnérables que les majors de l'eau et des déchets aux reins assez solides pour encaisser les fluctuations des marchés.
La raréfaction du crédit et la difficulté de trouver de l'argent frais risquent d'affecter directement PME et collectivités et de retarder bien des projets.
Notre enquête sur le financement des éco-innovations (p. 28) montre bien que les PME ne peinent pas à innover, mais plutôt à monter en puissance faute de capitaux difficiles à mobiliser sur des technologies émergentes.
Notre dossier spécial (p. 46) illustre parfaitement comment les écotechnologies, nées souvent de paris techniques audacieux, se sont aussi développées à partir de contraintes réglementaires ou grâce au soutien des politiques publiques. C'est le cas des énergies renouvelables, éolien, solaire ou biomasse, dopées par les tarifs de rachat. Celui des voitures propres alimentées par le bonus-malus. De la métrologie poussée par les exigences de rejets. Ou encore celui des lycées HQE portés par des Régions ambitieuses.
Alors que l'effet Grenelle devrait être majeur sur le bâtiment et les énergies renouvelables, ce sont aussi ces secteurs-là qui concentrent le plus de PME. Selon l'évaluation des coûts menée par le Meeddat, ils devraient respectivement bénéficier de 205 et de 115 milliards d'euros de travaux prévus entre 2009 et 2020. Mais pour que cela se concrétise, il va falloir mettre en place des modes de financement suffisamment incitatifs pour que particuliers et collectivités inscrivent ces dépenses à leur budget. Réponses attendues dans la loi de finances 2009 et la loi Grenelle 2 qui entre en débat le 6 janvier prochain.