Le conseil d'administration d'Eco-Emballages a informé Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie d'un risque de pertes financières liées à des placements non sécurisés d'une partie de la trésorerie de l'organisme dans des paradis fiscaux. Elles pourraient être importantes, indique le ministère puisque 60 millions d'euros restent placés sur ce type de fonds à risques.
Son emploi est jugé "inacceptable au regard de la morale républicaine, s'agissant de fonds publics" par les autorités. Jean-Louis Borloo a convoqué le directeur général d'Eco-Emballages et doit constituer une cellule de crise destinée à recueillir l'ensemble des informations et explications nécessaires pour que des mesures adéquates soient prises. Il demande, par ailleurs, que l'ensemble de la trésorerie soit replacée dans les meilleurs délais sur des fonds sécurisés et que le conseil d'administration "tire rapidement en termes de gouvernance de l'entreprise toutes les conséquences pour que ce risque ne se reproduise pas. Faute d'une action exemplaire, l'agrément dont bénéficie Eco-Emballages sera suspendu."
Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet ont cependant tenu à rappeler leur soutien aux systèmes de responsabilité élargie des producteurs dans le domaine de la gestion des déchets et rappelle que, dans le cadre du Grenelle de l'environnement, une instance de régulation, d'avis et de médiation sur l'ensemble de ces dispositifs, avait été actée.
De son côté, l'éco-organisme précise que seuls 20 % des sommes en trésorerie ont fait l'objet de placement auprès d'un organisme financier basé à Zurich en Suisse. Ces 20 % en cause (dont le montant serait de 55 millions d'euros et non 60) n'auraient pas pu être dégagés par le conseil d'administration d'Eco-Emballages qui a tenté de les retirer dès le 21 avril dernier. Celui-ci s'est engagé à rendre des comptes aux autorités d'ici au 15 décembre prochain.M.C.