La crise est-elle favorable à l'environnement ? La question est régulièrement posée et d'aucuns n'hésitent pas à répondre positivement en tablant sur les investissements annoncés dans les énergies renouvelables et le bâtiment.
Dans l'immédiat pourtant, les crises économique et financière se doublent d'une crise de confiance générale, qui s'exerce envers le politique et le financier, mais aussi envers l'entreprise et ses dirigeants. Et si les licenciements qui accompagnent des résultats mirobolants de certains grands groupes indignent légitimement l'opinion publique, plus près de nous, la gestion hasardeuse d'acteurs reconnus du secteur de l'environnement est tout aussi inquiétante.
Eco-Emballages et Areva sont deux exemples tout récents. La première a placé sans discernement des fonds destinés aux collectivités pour financer le recyclage des emballages. Et la deuxième a sous-estimé les enjeux sanitaires et environnementaux de son activité minière. Ils témoignent d'une gouvernance contestable et d'une gestion bien opaque, mais aussi de la difficulté des pouvoirs publics à contrôler le fonctionnement de sociétés privées en charge de missions relevant de l'intérêt général.
Certes les scandales, financiers ou sanitaires, et les accidents majeurs ont le mérite d'accélérer les réglementations ; mais mieux vaudrait compter sur des logiques plus pérennes pour assurer démocratie et transparence. Et en la matière, l'actualité nous donne quand même quelques raisons de ne pas désespérer.
Ainsi, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire a finalement mis en ligne une base de données sur l'historique et la situation actuelle des 210 anciens sites miniers d'uranium exploités en France métropolitaine.
Ainsi, l'Autorité de sûreté nucléaire a contrôlé la qualité des mesures de radioactivité effectuées par les laboratoires d'EDF et leur a retiré leur agrément.
Ainsi, l'Afsset a préconisé une révision de la réglementation amiante à laquelle s'est engagé le Meeddat. La France serait alors le premier pays au monde à encadrer les concentrations des trois types de fibres.
Ainsi, le procès d'AZF, qui s'est ouvert le 23 février pour quatre mois, huit ans après l'accident, sera finalement filmé malgré l'opposition de Total.
Autant de décisions qui montrent à leur échelle qu'il existe des contre-pouvoirs qui jouent leur rôle.