Eva Elström
Ingénieur chimiste chez Lattanzio-Environnement-Architecture-Urbanisme
Fidèle Je vis en France depuis presque quatre ans, mais j'ai gardé mon esprit suédois. Chez moi, on marche par exemple sans chaussures sur du parquet en bois... Alors, quand je vois dans mon entourage des Français fiers de leurs portes ou fenêtres en PVC qui ne nécessitent ni entretien ni peinture, cela me choque. Ce qui frappe le plus un Suédois qui arrive en France, c'est la présence des poubelles sur les trottoirs.
Chez nous, la collecte se fait dans de petits bâtiments qui peuvent compter jusqu'à neuf bacs différents. En revanche, j'apprécie ici de ne pouvoir prendre que le train pour mes déplacements professionnels et personnels, ce qui est quasiment impossible en Suède.
Bengt Magnusson
Rédacteur en chef et correspondant européen du magazine ERA (magazine des producteurs, distributeurs et vendeurs d'énergie électrique suédois)
Souple J'ai donné ma voiture à un de mes fils et à sa petite famille. En Suède, je me déplace donc principalement en transports en commun. Malheureusement, je prends beaucoup l'avion. Je n'en suis pas fier, mais c'est par nécessité professionnelle. De Paris, où vit un autre de mes fils, je peux heureusement rejoindre Bruxelles par le Thalys et Londres grâce à l'Eurostar. Je trouve dommage qu'il n'y ait pas en France de systèmes de consigne, notamment pour le recyclage des canettes. Ma femme et moi adorons en revanche nous balader dans Paris en Vélib'...
Yves Chantereau
Président du réseau européen d'architectes Equator
Converti Je suis assez suédois de nature, et vis dans ce pays depuis 1987. De toute façon, les gens qui veulent vivre à la française ici sont souvent très malheureux, et vice-versa. Ici, on apprend le respect de la nature à l'école avec des professeurs spécialisés et on ne sépare pas aspects sociaux et environnementaux. Tout est fait par exemple pour faciliter les déplacements des fauteuils roulants ou des poussettes. Mais les Suédois ont aussi leurs paradoxes : ils peuvent faire des économies de bouts de chandelles toute l'année, mais partir à dix en avion passer Noël en Thaïlande !
Jan Thorburn
P-DG de Seec (Scandinavian Energy Efficiency Co)
Cohérent Je vends des systèmes utilisant des pompes à chaleur. Mon pavillon de la banlieue de Stockholm est, comme plus de la moitié des maisons individuelles suédoises, équipée d'une pompe à chaleur géothermique. Ce que je pourrais faire de plus pour l'environnement ? Acheter une voiture hybride, ce que j'ai l'intention de faire prochainement, et manger, malgré leur prix plus élevé, davantage de produits bio.
Marie Eck
Responsable de projet au Bureau du conseiller commercial de l'ambassade de Suède (Exportrådet)
Persévérante Pas évident de conserver cet esprit suédois quand on habite
à Paris comme moi depuis vingt-quatre ans. Quand je suis arrivée, j'ai trouvé que les rues étaient très sales. Aujourd'hui, cela s'est amélioré et, à l'inverse, dégradé en Suède. Peut-être y a-t-il eu un relâchement dans l'éducation des nouvelles générations. À l'école, j'ai appris par coeur, comme tous les petits Suédois, une quinzaine de règles constituant nos droits et devoirs envers la nature. Aujourd'hui, j'éduque bien sûr mes deux garçons au tri, mais passe sans cesse derrière eux pour éteindre les lumières ! Je voudrais faire mieux en étudiant une solution « verte » pour remplacer notre voiture ou en changeant toutes les ampoules de la maison par des basse-consommation.