L'export sera-t-il la solution à la crise ? La secrétaire d'État à l'Écologie, Chantal Jouanno, et la secrétaire d'État au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, y croient dur comme fer avec des arguments sonnants et trébuchants : le marché mondial des écotechnologies atteint 550 milliards d'euros avec une forte progression dans les pays émergents. Et la multiplication des plans de relance verte, des États-Unis à la Chine, annonce de véritables opportunités commerciales. Reste à mobiliser les éco-entreprises françaises dans une stratégie internationale pas toujours accessible aux PME.
Si les entreprises hexagonales des secteurs de l'eau, de l'assainissement et de la gestion des déchets occupent déjà des parts de marché conséquentes, l'offre en matière de biomasse, de biocarburants, d'efficacité énergétique des bâtiments et de valorisation énergétique des déchets reste très faible. Pour preuve, à côté de champions de l'export comme Environnement SA, spécialiste reconnu de la mesure de polluants, ou de grands groupes comme Veolia Environnement et Suez Environnement qui réalisent plus de 60 % de leur CA à l'export, plus de la moitié des éco-entreprises nationales ne dépasse pas les 20 % selon une étude réalisée par le Pexe1 en mai dernier. Pire, 20 % d'entre elles n'ont même jamais exporté. Une frilosité à laquelle veulent remédier les pouvoirs publics en déployant de nouvelles mesures d'accompagnement. Ainsi le « green pass » d'Ubifrance, une offre d'accompagnement personnalisé d'un an sur deux pays, ou encore le Fasep, fonds d'études et d'aides au secteur privé « Innovation verte » du Minefi, qui va permettre non seulement de soutenir les études de faisabilité mais aussi les projets pilotes nécessaires pour disposer de référence. Un guide pratique édité par la DGTPE, Direction générale du Trésor et de la Politique économique, recense les principaux outils financiers et non financiers existants. Dernière piste à développer : les partenariats entre entreprises. Lancée en mars dernier, l'association Pacte PME International veut favoriser le portage des PME par des grands groupes. Belle idée, mais pas trace d'éco-entreprises parmi la vingtaine de premiers signataires !