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1 - LES CENTRES VONT DEVOIR INNOVER

LA RÉDACTION, LE 1er SEPTEMBRE 2009
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Atteindre un taux de recyclage des emballages de 75 % fin 2012, soit 500 000 tonnes supplémentaires, ne présente pas de difficultés techniques mais, question coût, c'est une autre paire de manches. « À service constant en matière de tri et de collecte, atteindre le taux de recyclage de 75 % coûtera 40 % de plus », signale Eco-Emballages dans son rapport annuel. La mécanisation et l'automatisation des centres de tri sont donc un maillon majeur dans cette optimisation des coûts. En 2008, la France comptait 272 centres de tri, dont seulement 17 étaient automatisés. Or, « une ligne automatisée trie au minimum 500 et 600 kg de déchets par heure et par trieur, quand un trieur sur une ligne basique est limité à 300 kg/h », assène Christophe Mallevays, directeur du développement en charge des collectivités chez Paprec, dont le premier site de tri automatisé fonctionne depuis décembre 2008. Les déchets issus de la collecte sélective ne sont pas les seuls concernés. « L'extension de la TGAP aux centres de stockage et aux incinérateurs pousse au recyclage des déchets industriels banals », souligne Marc Cheverry, en charge du département de gestion optimisée des déchets de l'Ademe. Et la remontée des prix des matières secondaires devrait permettre, à moyen terme, d'amortir le surcoût lié à l'emploi de technologies poussées. L'automatisation permet aussi de gagner en souplesse. « Nous acceptons maintenant les déchets de la collecte sélective en bi-flux ou tri-flux », explique Michel Legeay, directeur technique et développement de Semardel, qui gère les déchets de l'Essonne, à Vert-le Grand. « Deux idées principales guident nos recherches : trier plus vite et trier plus de matériaux », résume Olivier Doyen, responsable du programme de recherche sur les métiers de la collecte, du tri, du recyclage et de la valorisation des déchets chez Veolia Propreté. Concrètement, Veolia veut doubler la cadence de tri, pour la faire passer de 500 000 objets par heure à 1 million, tout en améliorant le tri. Comment y parvenir ? En plus des trommels, des cribles balistiques, des overbands et des machines à courants de Foucault, les centres développent le tri optique. « C'est un axe d'évolution majeur. Depuis un peu plus de deux ans, on est passé de la détection d'une forme à celle d'une matière », explique Arnaud Budka, en charge de l'expertise technique chez Sita France. Le site de tri des DIB en mélange de Veolia à Ludres (54), d'une capacité de 100 000 tonnes par an et très automatisé, comporte plusieurs machines de tri optique. Tout comme Astria à Bègles (33), la filiale de Sita qui gère les déchets de l'agglomération de Bordeaux. En décembre 2008, le site a porté sa capacité de 30 000 à 50 000 tonnes par an. La ligne existante, de 6 tonnes par heure, a été remplacée par deux lignes automatisées de même capacité. « Le séparateur optique ternaire a été doublé d'une machine tricanal, ce qui permet de séparer six flux », précise Thierry Girard, responsable d'exploitation du centre de tri. En bout de ligne, un opérateur contrôle la qualité des différentes matières. Si certains experts estiment qu'il faut au moins 35 000 t/ an pour rentabiliser le tri optique, ce n'est pas l'avis de Sita, qui étudie la possibilité d'y recourir sur des centres d'une capacité de 15 000 à 20 000 tonnes par an. Selon le leader français des machines de tri optique, Pellenc ST, une ligne de 2 à 3 t/h est rentabilisée en dix-huit mois. « Maintenant, nous cherchons les outils pour automatiser le tri des corps plats », enchaîne Christophe Mallevays. Ainsi, un prototype de décartonneur a fait son apparition sur le site de Harnes (62), dont la capacité de traitement est passée de 18 000 à 30 000 tonnes par an grâce à l'automatisation. Astria en a installé deux sur sa chaîne des corps plats, déjà équipée de cinq séparateurs balistiques. Ces prototypes séparent les cartons, rigides, des papiers. Plus rapides, les lignes automatisées posent la question de l'alimentation. « Il faudra sans doute généraliser les stocks tampons pour alimenter les machines à leur optimum », souligne Olivier Doyen. C'est le principe proposé par l'ensemblier Vauché : optimiser, via une nouvelle organisation, les différentes étapes du tri. Ici, les flux issus des étapes mécaniques ne sont pas envoyés directement sur des lignes de surtri, mais stockés dans des silos. Cette rupture de charge permet une meilleure gestion du tri. Mais trier plus vite ne suffit pas. Il faut aussi trier plus de matériaux et réduire le taux de refus. « Nous devons souvent valoriser 95 % de chaque matière sur le flux entrant de collecte sélective, assure Christophe Mallevays. Or, le revers de la mécanisation, c'est la perte de matière : une cannette ou une bouteille écrasée n'est plus sélectionnée par le flux de corps creux. Au contraire, un bottin, de par son volume, est perçu comme un corps creux. » Avec le tri manuel, le taux de refus atteint 20 à 40 %. En automatisant son centre de traitement de collecte sélective en 2010, Semardel espère passer de 75 à 90 % de rendement. Même ordre de grandeur à Harnes, chez Paprec, où le taux de refus plafonne à peine 14 %. Dans les centres de tri des DIB en mélange, le potentiel est encore plus grand. Seulement 10 à 20 % des matériaux sont récupérés avec le tri manuel. « Or, le criblage des fines, suivi du broyage et du tri de la fraction restante permet la valorisation matière de 40 % du gisement. Et même 60 % en tenant compte de la valorisation sous forme de combustibles solides de récupération », explique Marc Cheverry. Là aussi, les performances sont largement liées au tri optique. Dans le plastique, tout d'abord, où il permet d'obtenir un flux très pur de PET, réutilisable dans la fabrication de nouvelles bouteilles. C'est déjà le cas chez Artenius PET Packaging près de Beaune (21), et, depuis cet été, chez Roxane Nord, près de Lesquin (59). Début 2010, à Limay (78), France Plastiques Recyclage (co-entreprise de Paprec et Sita France) traitera 40 000 tonnes par an de PET grâce à plusieurs machines de tri optique du Norvégien Titech. D'autres voies sont explorées pour exploiter au mieux les capacités de ces machines. En effet, le tri optique permet de distinguer une douzaine de résines différentes, quand seules une ou deux sont triées actuellement. « Nous avons développé un nouveau concept, le tri sélectif auto-adaptatif. Le but n'est pas d'éviter les erreurs de tri, mais de trier plus de résines », résume Olivier Doyen. Pour cela, les ordres d'éjection changent à intervalle régulier, pour sortir successivement les différents types de plastique, dont les PLA. Le tri n'est plus linéaire, mais circulaire. Ainsi, les éléments qui ne sont pas éjectés repassent sous le trieur optique. Les tests, menés depuis mai 2008 à Cognac Châteaubernard (16), montrent qu'il est possible de trier de petites quantités de déchets ou de petits fragments. Des implantations industrielles sont à l'étude. Après le plastique, les machines de tri optique commencent aussi à distinguer les différentes sortes de papier-carton, grâce au rayonnement moyen infrarouge (MIR) de Pellenc ST. Quatre exemplaires de cette machine, baptisée Boreas, sont déjà installés à Ludres chez Veolia, et une chez Paprec à Harnes, pour séparer les emballages ménagers recyclables des journaux. La Boreas analyse le comportement des matières fibreuses pour séparer le papier blanc du brun. Cela sélectionne le flux de papier pour désencrage ou encore le papier carton. « Un flux de matière homogène permet toujours de mieux conserver les qualités intrinsèques du matériau », rappelle Olivier Doyen.


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