Pilote, par la loi, de la planification en matière de déchets dangereux, le conseil régional de Rhône-Alpes a réuni pendant dix-huit mois une commission pluri-institutionnelle qui a élaboré un projet de plan régional pour leur élimination. En juillet, les élus ont émis un avis favorable sur ce document, aujourd'hui soumis pour avis au préfet et à diverses instances. Le document définitif devrait être arrêté en décembre par la collectivité régionale. Fortement peuplée et industrielle, Rhône-Alpes est la deuxième région productrice de déchets dangereux en France (environ 606 500 t en 2006), après l'Île-de-France. Le projet vise particulièrement la réduction à la source : financement des technologies propres et sobres, écoconception, dynamique de substitution, sensibilisation, etc. Aujourd'hui, les déchets ultimes rhônalpins sont stockés en Languedoc-Roussillon, Pays de la Loire ou Bourgogne. Or les rédacteurs du projet affirment que la création en Rhône-Alpes d'un centre de stockage serait économiquement crédible : en 2020, environ 150 000 tonnes résiduelles seraient en effet à stocker, alors que le seuil de rentabilité d'une telle installation se situe entre 30 000 et 70 000 t. Celle-ci permettrait aussi de réduire le transport des déchets, actuellement presque uniquement routier. Enfin, sur le gisement des déchets dangereux diffus, le plan régional se veut optimiste ; il affiche un objectif de collecte de 100 %, contre environ 30 % actuellement.