C'est un réacteur nucléaire emblématique qui va être arrêté à la fin de ce mois. Phénix, situé à Marcoule (30), sera démantelé à partir de 2012, pour un coût estimé à 800 millions d'euros. Il était le premier prototype industriel de réacteur à neutrons rapides. Mis en service en 1974, il devait démontrer la viabilité de ces centrales capables de brûler la totalité de l'uranium, et pas seulement l'uranium 235 (0,7 % de la masse). Dans un contexte d'indépendance énergétique et de raréfaction du minerai, cette filière à neutrons rapides apparaissait comme la solution d'avenir. Mais elle s'est révélée moins fiable que prévu, et Phénix a dû être arrêté plusieurs fois, notamment à cause du risque d'incendie du sodium liquide. Entre-temps, le contexte économique a changé : les prix de l'uranium se sont effondrés, rendant moins nécessaire ce type de réacteur, plus complexe que les réacteurs actuels. Superphénix, le successeur de Phénix, a d'ailleurs été arrêté dès l'année 1998. Phénix, quant à lui, avait été remis en service en 2003 pour mener des recherches sur la transmutation des déchets radioactifs dans le cadre de la loi Bataille sur la gestion des déchets radioactifs. Ces essais ont montré que certains déchets à vie longue pouvaient être transmutés en déchets à vie plus courte. Aujourd'hui, la filière à neutrons rapides connaît un regain d'intérêt, puisqu'elle figure dans les projets de réacteurs de « génération 4 » destinés à succéder aux centrales actuelles. Les connaissances acquises avec Phénix seront donc précieuses.