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Le BTP se mobilise pour ses déchets

LA RÉDACTION, LE 1er NOVEMBRE 2009
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Plusieurs déchèteries professionnelles créées par Sita dans l'Est de la France, de nouvelles offres à destination des artisans et des majors du BTP, des plans de gestion départementaux tirés de leurs oubliettes... Est-ce la loi Grenelle 1 qui précipite tous les acteurs du BTP à se préoccuper plus sérieusement de leurs déchets ? Probablement, alors que le dynamisme insufflé par la circulaire du 15 février 2000 relative à la planification des déchets de chantiers était retombé comme un soufflé. Environ 75 % des plans ont été publiés, mais ils n'ont pas toujours été suivis d'effets. Avec les lois Grenelle, ils vont devenir obligatoires, tout comme les diagnostics préalables aux chantiers de démolition, qui engloberont tous les déchets - et pas seulement ceux contenant de l'amiante, du plomb et du bois termité. L'enjeu est important, car les déchets du bâtiment sont supérieurs, en tonnage, à ceux des ménages. Selon les derniers chiffres du Commissariat général au développement durable, parus en juin 2009, 359 millions de tonnes de déchets ont été générées par le BTP en 2006. En revanche, les filières n'ont pas été précisément détaillées depuis une étude de l'Ifen parue en février 2007, qui a permis de bien cerner l'activité TP. Cette étude montrait qu'un tiers des déchets était valorisé, un tiers enfoui et le reste réutilisé sur site. « De plus, la directive-cadre sur les déchets stipule que 70 % des déchets non dangereux doivent être recyclés, mais cela n'inclut pas les déblais. Il y a donc beaucoup d'efforts à faire sur la valorisation des inertes et des DIB », souligne Laurent Chateau, ingénieur en charge des déchets du BTP à l'Ademe. Quant au devenir des déchets dans chaque filière, les derniers chiffres remontent à 2000. Pour affiner ces données, l'Ademe a lancé une enquête statistique en septembre 2009, dont les résultats sont attendus pour juin 2010. Les inertes sont les déchets les plus facilement recyclés. « Sur un chantier de démolition, on sait valoriser 98 % des déchets, dont 88 à 94 % de béton, inerte », précise Rachid Zaher, dirigeant de FCID, un bureau d'études spécialisé dans les audits de déconstruction basé à Montoir-de-Bretagne (44). Ensuite, les DIB forment une masse de déchets en mélange généralement orientés vers le stockage. Pourtant, certaines plateformes de tri montrent qu'il est possible d'atteindre de forts taux de valorisation. Valoridec, dans l'Aude (11), a réduit le taux de refus issus des DIB en mélange entre 10 et 15 %. « Mais on peut encore améliorer cette performance », note Jacques Rabotin, dirigeant de la société et président du tout nouveau Syndicat des recycleurs du BTP, créé en mars 2009. Même performance chez Corudo, à Carbonne (31). Afin d'améliorer le tri des plastiques, Olivier Pontin, dirigeant de la société, vient de s'équiper (avec l'aide de l'Ademe) d'un spectromètre portable, qui identifie en quatre secondes le type de polymère. D'autres filières naissent tout juste. « Il existe de nouvelles demandes, notamment pour le plâtre », note Jérôme Amar. La filière de valorisation, lancée en 2008 par Placo Plâtre et Lafarge, a traité pendant le premier semestre 2009 plus de 10 000 tonnes de déchets de plâtre - sur 400 000 tonnes produites chaque année. Par ailleurs, une nouvelle offre de reprise de fenêtres vient de voir le jour avec Sita Lorraine. D'après l'entreprise, 8 à 9 millions d'huisseries sont extraites chaque année de chantiers de démolition ou de réhabilitation. Et la plupart vont dans des centres d'enfouissement. « Dans le cadre de la déconstruction sélective, nous avons mis au point une machine de déconstruction des fenêtres, qui sépare le verre du bois ou du PVC. Testée pendant l'été 2009, elle est capable de traiter 50 000 fenêtres par an, soit 1 250 tonnes de matériaux, et d'atteindre un taux de valorisation de 85 %, détaille Xavier Wagner, directeur du développement pour Sita Est. Mais nous réfléchissons à la réutilisation pour des serres de jardin, par exemple. » Les revêtements de sol ne sont pas oubliés. En Ile-de-France, Veolia Propreté collecte les chutes de sols PVC pour les envoyer en Allemagne (!) et réfléchit à une solution pour les moquettes. Quant au bois, il est déjà valorisé dans la fabrication de panneaux de particules, en chaufferie ou en incinération. « Nous souhaitons un cadre plus souple pour les bois faiblement adjuvantés, comme les charpentes ou les panneaux de particules, qui leur permettrait d'aller en chaufferie plutôt qu'en incinérateur », argumente Jacques Rabotin. Mais pour mieux recycler, il faut améliorer le tri. C'est notamment le but des diagnostics des déchets sur les chantiers de démolition, qui doivent permettre de passer d'une démarche empirique à une démarche organisée, accompagnée d'un contrôle grâce au bordereau de suivi. Si rien n'est encore formellement défini, la démolition des immeubles d'habitation d'une surface supérieure à 1 000 m2 devrait être soumise à un diagnostic, et à partir du premier mètre carré pour les autres structures. Exemplaires, les projets HQE diffusent déjà, petit à petit, la culture du tri sur les chantiers. « La valorisation peut atteindre 70 à 80 %, au lieu de 20 à 30 % sur un chantier traditionnel », souligne Jérôme Amar, le Monsieur BTP de Veolia Propreté en Ile-de-France. Sur les chantiers où la place est suffisante, des bennes de tri peuvent être installées. Dans l'Est de la France, Sita a créé plusieurs déchèteries professionnelles. Avec la Capeb Moselle, la société propose des formations au tri sur chantier, grâce auxquelles les artisans peuvent utiliser un label Tri+ artisans pour trois ans. Et pour simplifier la gestion, Sita teste la vente sur Internet, qui permet à un chef d'entreprise d'acheter des « bons » de présentation à la déchèterie. Même idée chez Veolia Propreté, qui, présent pour la première fois sur le salon Batimat, lance une offre à destination des PME et des chantiers de construction disposant de peu de place. « Le patron pourra commander et payer en ligne des big bags sur notre plateforme Internet, qui seront livrés sur le chantier. Une fois pleins, nous venons les enlever dans les cinq jours », précise Jérôme Amar. Le tri se fera ultérieurement. Une solution qui ne peut pallier le manque de centres de transfert et de valorisation. « Il n'y a pas assez d'installations de tri. Un artisan doit pouvoir atteindre une déchèterie en vingt ou trente minutes », estime Jacques Rabotin. Parmi les pistes identifiées pour y remédier figure la création d'un « instrument économique affecté ». La loi de finances 2010 devrait en décider.


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