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RECYCLAGE

2-DES FILIÈRES DE VALORISATION EN PLEINE EFFERVESCENCE

LA RÉDACTION, LE 1er JUIN 2010
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Sur le papier, toutes les conditions semblent réunies pour tenir les objectifs réglementaires de valorisation. À l'instar des géants du secteur des déchets (Veolia Propreté, Sita), les fabricants de matériaux et les spécialistes de l'enfouissement multiplient les expériences de recyclage pour développer leur activité. L'émergence d'une filière autour du plâtre est l'une des plus prometteuses. D'abord parce que le matériau n'est plus admis en installation de stockage pour déchets inertes (ISDI) depuis 2002 et que le prix de son enfouissement en décharge de classe 3 est passé en quelques années de 6 à 80 euros la tonne, selon Placo. Ensuite parce que la TGAP sur le plâtre va augmenter. Elle atteindra 40 euros la tonne en 2013 contre 15 euros actuellement (10 euros si le centre est certifié Iso 14001). Enfin, parce que les techniques de recyclage sont totalement maîtrisées par les spécialistes du secteur. Un miracle ? Pas tout à fait. Si la technique est simple, l'organisation l'est beaucoup moins. « On est à la croisée de deux enjeux : celui du BTP et celui des industriels », explique Sébastien Roussel, responsable marketing entreprise chez Veolia Propreté. D'accord pour isoler le plâtre, les entreprises du bâtiment restent incapables de garantir l'absence de cartons ou de rails métalliques dans les bennes. Tandis que chez les fabricants, « le cahier des charges est draconien. On exige 98 % de plâtre dans les exutoires », insiste-t-il. Ainsi, la filière de tri se frotte les mains : elle devient un maillon essentiel de la chaîne. Mais un maillon faible... « Il n'existe que quelques usines de recyclage et le transport est très cher, analyse Jacques Rabotin, président du Syndicat des recycleurs du BTP. Soit il faut en construire d'autres, soit les fabricants diminuent le prix d'acceptation des déchets de plâtre. » Le Syndicat national des industries du plâtre reconnaît l'enjeu. « Certaines régions comme la Bretagne n'ont pas encore de solutions », regrette Jean-Michel Guihaumé, son délégué général. Il n'en demeure pas moins optimiste. Sur un gisement de 300 000 tonnes, 16 500 ont été recyclées en 2009 contre 10 000 en 2008. Et le syndicat estime à une soixantaine le nombre de centres opérationnels capables d'accueillir des déchets en France, dont vingt nouveaux en 2009. La valorisation des menuiseries en PVC suit la même trajectoire. Le matériau représente près de la moitié des plastiques employés dans le bâtiment (63 % des fenêtres) d'après le Forum PVC, une association qui regroupe les acteurs de la filière. « Son recyclage est maîtrisé », martèle François Aublé, directeur général d'une usine de Veka spécialisée dans la valorisation dans l'Aube. En France, une vingtaine de recycleurs accrédités récupèrent un peu plus de 10 000 tonnes par an de déchets post-consommation. Pour les spécialistes du secteur, le chiffre devrait être trois à quatre fois plus important. « La difficulté désormais, c'est la collecte. On montre que ça marche. Les centres de tri doivent jouer le jeu et arrêter de tout mélanger », insiste François Aublé. Les perspectives de valorisation du bois sont plus incertaines. « Non traité, il est valorisé en panneaux de particules, en palettes ou dans des chaudières. Le bois traité termine, lui, dans des fours d'incinération adaptés aux déchets dangereux et équipés de traitement des gaz et de filtres spécifiques », explique Jean-Michel Tourre, directeur des marchés entreprise chez Sita. Les prestataires préféreraient sortir de cette opposition binaire. Le syndicat des recycleurs réfléchit à une définition plus fine qui reconnaîtrait un bois de BTP « faiblement adjuvanté ». Par exemple, pour les chutes de charpente actuellement condamnées à l'incinération... ou à l'export vers l'Italie où la réglementation est plus souple ! Des études à venir pourraient prouver que ce bois est aussi valorisable comme matière première secondaire ou servir de combustible en chaufferie traditionnelle. Les expériences de recyclage du polystyrène ou de la laine de verre sont plus confidentielles... mais bien réelles. Même les boues de béton se recyclent désormais. Ces sous-produits de la fabrication du béton sont récupérés par la société Clamens et nettoyés à grandes eaux pour récupérer le sable et les gravillons qui pourront être réinjectés dans les revêtements routiers. Toutes ces filières émergentes ont un point commun : un démarrage lent qui n'est pas à la hauteur des enjeux, selon les observateurs les plus critiques. « Les producteurs de déchets préfèrent se limiter à la mise en décharge, plus simple et malheureusement encore moins chère », estime Nathalie Villermet, chargée de mission déchets et industrie chez France Nature Environnement. Pour les déchets non dangereux et valorisables, mais enfouis, le risque est faible : « Les amendes sont rares », constate Sébastien Roussel. Responsable marché chez Sita, Agnès Collin est malgré tout confiante. L'offre est dispersée, mais « la problématique est récente, analyse-t-elle. Après avoir été testée en Lorraine, notre offre de valorisation de fenêtres couvrira par exemple progressivement tout le territoire. Et la trajectoire devrait être la même pour d'autres matériaux comme les isolants ou les peintures ». Pour les filières qui ont du mal à se mettre en place, l'obligation réglementaire pourrait servir d'accélérateur. L'exemple des déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE) professionnels est édifiant. L'enlèvement gratuit des matériels de sécurité ou d'éclairage proposé depuis quelques mois par Récylum en Rhône-Alpes rencontre un grand succès et va se généraliser. Explication : l'initiative est financée par plusieurs fédérations de fabricants dans le cadre d'une Rep (responsabilité élargie du producteur), c'est-à-dire dans l'obligation de financer la fin de vie de leurs produits. Une expérience qui pourrait donner des idées aux pouvoirs publics ? Pour les industriels, la Rep est en tout cas une épée de Damoclès. Mieux vaut développer une filière de valorisation pour ne pas justifier la mise en place du dispositif ! Reste à donner une seconde vie à ces déchets. Le manque de débouchés a poussé le syndicat des recycleurs à créer une commission pour réfléchir à l'avenir des matériaux alternatifs.


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