À la suite de l'appel à manifestations d'intérêt lancé en 2008 par l'Ademe sur le captage et le stockage géologique du dioxyde de carbone (CO2), quatre projets vont bénéficier d'une aide globale de 45 millions d'euros sur trois ans au titre du fonds démonstrateur de recherche. Développé par l'École des mines de Paris, le projet Pil Ansu (6 millions d'aide), qui vise la réalisation d'un démonstrateur de captage par anti-sublimation (givrage-dégivrage des gaz) sur les fumées d'une centrale à charbon, avait déjà été retenu en 2009. Toujours dans le domaine de la post-combustion, un démonstrateur sera réalisé par EDF et Alstom sur la centrale thermique du Havre dans le cadre du projet C2A2 (5 millions d'aide). « La régénération du solvant amine utilisé pour capter le CO2 est une étape très énergivore. Ce démonstrateur devra réduire à la fois l'énergie nécessaire à la régénération et les déchets de solvant », explique Nathalie Thybaud, du service recherche et technologies avancées à l'Ademe. Dans le domaine du stockage du carbone, le projet France-Nord que pilote Total (22 millions d'aide) vise à identifier les meilleures zones géologiques au sein d'aquifères salins profonds. « Ce gros travail de caractérisation n'a jamais été entrepris au sein des aquifères salins hétérogènes comme dans le bassin parisien. Un pilote sera construit », poursuit Nathalie Thybaud. Propre à la sidérurgie, le projet Ulcos (11 millions d'aide), mené par ArcelorMittal, prévoit la mise en place d'un démonstrateur à Florange (57) pour valider un procédé de captage et de recyclage des gaz de hauts-fourneaux. Il sera associé à des techniques de transport du CO2 et de stockage en aquifères salins. « La mise en oeuvre opérationnelle de cette première génération de technologies de captage et de stockage du CO2 devrait aboutir à horizon 2020 », projette Nathalie Thybaud.