Certaines fonctionnalités de ce site reposent sur l’usage de cookies.
Les services de mesure d'audience sont nécessaires au fonctionnement du site en permettant sa bonne administration.
ACCEPTER TOUS LES COOKIES
LES COOKIES NÉCESSAIRES SEULEMENT
CONNEXION
Valider
Mot de passe oublié ?
RECYCLAGE

L'animateur de prévention "déchets" doit tout inventer

LA RÉDACTION, LE 1er JUILLET 2010
Archiver cet article
Newsletters
Toute l'information de cette rubrique est dans : Environnement Magazine
Animer un programme de prévention des déchets ménagers dans une collectivité, c'est d'abord se tenir prêt à expliquer inlassablement son métier. Même chez les élus, « on confond souvent la prévention avec le tri », regrette Claire Allonneau, chargée de mission dans un syndicat mixte béarnais. Le métier ne consiste pas à valoriser au mieux les plastiques ou les cartons, mais bien à faire en sorte qu'il y en ait le moins possible ! Pour y parvenir, tout est à inventer ou presque. « On apprend en marchant », reconnaît Étienne Le Roy, coordinateur du réseau des chargés de prévention. Conséquence pour la collectivité : « Attention à ne pas embaucher à l'économie ou à confier la tâche à un ambassadeur du tri. Le poste requiert quelqu'un de qualifié, capable de prendre des responsabilités. C'est l'équivalent d'un cadre de catégorie A. » « J'ai beaucoup de liberté. C'est à moi de prendre des initiatives », confirme Leslie Lepiller, animatrice du syndicat mixte de la région de Bapaume, dans le Pas-de-Calais. Le programme se déroule sur trois ou cinq ans. Avec une obligation de résultat qui conditionne l'aide de l'Ademe. « C'est dense », prévient-elle. Dans l'idéal, mieux vaut que l'embauche intervienne dès la phase de diagnostic du territoire : c'est à cette étape que sont identifiés les flux de déchets et les gisements sur lesquels il faut travailler en priorité. Une opération qui est parfois sous-traitée à un bureau d'études, mais qu'il faut suivre de près si l'on veut conserver une vision globale des enjeux. Leslie Lepiller a préféré miser sur une association locale de jeunes en service civil volontaire pour connaître les pratiques quotidiennes des habitants et leurs attentes. Elle s'est appuyée sur leur enquête pour analyser les déchets des ménages. Le diagnostic n'est pas suffisant en lui-même. Et pour déterminer les grandes orientations du programme, les animateurs organisent et font vivre des groupes de travail les plus ouverts possibles. Ils intègrent des élus, des associations environnementales ou des spécialistes des déchets, mais aussi des acteurs plus inattendus qu'il faut identifier et mobiliser pour sortir la démarche du secteur des déchets. Travailler avec les médecins sur la promotion de l'eau du robinet est par exemple une bonne manière de limiter la présence de bouteilles en plastique dans les poubelles. « Il faut aussi aller progressivement vers la grande distribution ou les entreprises », insiste Étienne Le Roy. Pour y arriver, mieux vaut être diplomate et à l'aise avec tout le monde. Les partenariats sont difficiles à créer pour ceux qui n'ont qu'un profil de technicien. « Le travail demande de l'ouverture d'esprit et une bonne capacité à communiquer, analyse Clotilde Fortin, chargée d'animer le plan de prévention du Morbihan. Il faut négocier, inciter, adapter son discours, expliquer l'intérêt de la prévention comme on exposait les bienfaits du tri il y a quelques années. Mais sans imposer ses choix. » L'animateur doit aussi en toute humilité parcourir son territoire et être à l'écoute de ce qui se fait déjà : une association qui relaie l'opération « stop pub », un magasin qui vend des couches lavables, une commune du syndicat qui propose des bacs à compost... Beaucoup font de la prévention sans le savoir. Reste ensuite à étendre ce qui marche, à créer ce qui n'existe pas et à porter les actions que les partenaires ne s'approprient pas. D'une collectivité à l'autre, l'implication de l'animateur dans la phase opérationnelle est très variable : essentielle s'il est seul, déléguée à des chargés de projet quand c'est possible. Avec, dans ce cas, davantage de temps au bureau pour coordonner l'action, éditer une lettre d'information ou créer des indicateurs et une méthodologie d'évaluation pour voir si le programme remplit ses objectifs. Attention enfin à bien prendre en compte les compétences de la collectivité. « Dans un département, il faut profiter d'un plan pour faire entrer la notion de prévention dans les collèges ou chez les conseillères sociales et familiales, qui peuvent aider les populations en difficulté à consommer mieux », remarque Étienne Le Roy. Pour y parvenir, le volet communication est important. D'une part, en interne pour pousser la collectivité à devenir éco-exemplaire. Et, d'autre part, en externe pour promouvoir les initiatives en lien étroit avec le service communication ou une agence. « J'ai fait du dessin. Ça aide à structurer les documents, remarque Claire Allonneau. Même si on ne peut pas tout faire ! » L'animateur doit parfois s'occuper de tâches moins agréables. Lorsqu'il n'y a pas de service ad hoc, « il y a un gros travail de montage de marchés publics, explique-t-elle. Ce n'est pas le plus amusant ! ».


PARTAGER :
À LIRE ÉGALEMENT
Julien Dubourg, Citeo Pro : « REP emballages pro : ceux qui trient bénéficieront d’un retour financier »
Julien Dubourg, Citeo Pro : « REP emballages pro : ceux qui trient bénéficieront d’un retour financier »
Trimetal mise sur l’innovation de Tomra pour optimiser le tri des métaux spéciaux
Trimetal mise sur l’innovation de Tomra pour optimiser le tri des métaux spéciaux
Quand les eaux usées deviennent une matière première pour l’isolation des bâtiments
Quand les eaux usées deviennent une matière première pour l’isolation des bâtiments
Tomra France : « L’IA ne remplace pas l’humain, elle l’assiste pour garantir la performance du tri »
Tomra France : « L’IA ne remplace pas l’humain, elle l’assiste pour garantir la performance du tri »
TOUS LES ARTICLES RECYCLAGE
Les plus lus