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RECYCLAGE

La filière textile cherche des débouchés

LA RÉDACTION, LE 1er OCTOBRE 2010
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Lorsqu'ils se penchent sur l'avenir de leur filière, les spécialistes du recyclage du textile sont ambitieux. Mais se rappellent d'où ils viennent. « En 2003, 70 % de mes confrères ont fait faillite », se souvient Serge Sztarkman, président de Federec Textiles. Le contexte économique était déplorable et le marché de l'occasion s'est écroulé. « On s'est demandé si on n'allait pas mettre la clé sous la porte, illustre Mehdi Zerroug, dirigeant de la société Ecotextile. Aujourd'hui, on vit à nouveau dans la sérénité. On espère même doubler prochainement nos capacités de tri ! » Le dispositif de responsabilité élargie du producteur instauré fin 2007 a tout changé. Financé par l'industrie textile, l'éco-organisme Eco TLC verse désormais aux centres de tri 69 euros par tonne traitée de TLC (textiles d'habillements, linge de maison et chaussures). La convention d'agrément d'Eco TLC est ambitieuse. Sur les 700 000 tonnes de textiles mis sur le marché chaque année, la moitié devra être collectée et triée d'ici à 2013, avec un taux de recyclage de 70 %. À comparer aux 106 000 tonnes collectées en 2008. La mutation semble toutefois en bonne voie. À lui seul, Le Relais, réseau d'entreprises à but socio-économique, compte une dizaine de projets de plateformes de tri. Pas question pourtant de se réjouir trop vite ! Si la contribution est une bouffée d'oxygène, elle n'assure pas à elle seule la pérennité de la filière. Pour les acteurs du marché, l'équation économique est simple : la vente d'habits d'occasion est une source de revenu et tout déchet final est un coût estimé entre 100 et 120 euros la tonne (hors TGAP). Entre les deux, les sous-produits valorisables sont pour la plupart vendus à perte, mais permettent d'éviter la mise en décharge. Conséquence : la première exigence est de maintenir, voire d'augmenter le taux de réemploi, estimé aujourd'hui à 58 % par Eco TLC... Ce qui semble presque illusoire, compte tenu de la baisse de la qualité des textiles commercialisés et des objectifs ambitieux de collecte. La mise en place de conteneurs dans les beaux quartiers permet de recueillir des produits de qualité. La généralisation à tout le territoire pourrait réserver des surprises ! Le second grand enjeu consiste à améliorer la filière de recyclage. « Les débouchés sont notoirement insuffisants et en trouver d'autres sera long, prévient Alain Claudot, directeur général d'Eco TLC. Il va falloir investir fortement. » Si l'éco-organisme n'a pas prévu de soutenir financièrement les spécialistes de la valorisation, il entend bien appuyer la R & D, encourager les expériences et diffuser les bonnes pratiques. « Il est difficile d'anticiper les résultats, regrette-t-il. Dans la recherche, on court après quelque chose et on trouve autre chose. Il faut aller chercher les débouchés dans tous les secteurs : bâtiment, automobile, chimie... » Pour identifier les plus prometteurs, l'Ademe a publié en 2009 un état de l'art du tri et de la valorisation. Les perspectives ne manquent pas... Mais les contraintes techniques et économiques non plus. L'exemple du recyclage chimique est emblématique. Il consiste à faire subir aux fibres synthétiques des réactions restituant des molécules pouvant être polymérisées. De vieux habits comme alternative au pétrole ? Pourquoi pas ? Mais à l'instar de la société japonaise Teijin, ceux qui se lancent cherchent surtout à soigner leur image environnementale, comme le souligne l'étude de l'Ademe. Le procédé n'est absolument pas rentable ! Et l'exemple n'est pas isolé. Elle aussi identifiée par le rapport, la société Texyloop valorise le polyester enduit de PVC et pourrait théoriquement intégrer des textiles synthétiques... Sauf que son cahier des charges est trop sévère pour les TLC (absence de matériaux de type boutons, taux de PVC précis...). À court terme au moins, le recyclage mécanique est en revanche une valeur sûre. Il consiste soit à transformer un vêtement en un autre produit textile par une simple découpe, par exemple pour produire des chiffons d'essuyage pour l'industrie. Soit à restituer les fibres des textiles grâce à un procédé d'effilochage... Avec, là encore, des questions en suspens. « Développer les matières moins nobles, c'est un grand rêve, mais les études ne sont pas très fructueuses », prévient Serge Sztarkman. De fait, les conclusions du guide de l'Ademe n'incitent pas à l'optimisme béat. Exemple avec l'isolation acoustique de l'automobile. Si une voiture compte environ 15 kg de feutres dont la moitié d'origine recyclée, ce sont les chutes de l'industrie qui sont aujourd'hui privilégiées pour des raisons de densité des fibres ou d'absence de poussière et d'éléments durs. Les contraintes techniques n'étant pas insurmontables, la filière textile pourrait, à terme, convaincre les fabricants de s'intéresser un peu plus aux TLC... Mais elle aura beaucoup plus de mal à leur faire payer le coût des traitements nécessaires au recyclage. Certaines expériences comme celle du Relais (lire encadré p. 38) sont heureusement plus concluantes, en particulier dans le secteur du bâtiment qui pourrait absorber jusqu'à 10 000 tonnes de TLC d'après l'Ademe. Malgré un prix qui restera supérieur à la traditionnelle laine de verre, l'isolation textile devrait profiter de l'engouement pour les matériaux écologiques. Les fibres pourraient aussi à terme renforcer les ciments et les enrobés, servir comme paillage en agriculture ou être intégrées dans les géotextiles. Là encore, les essais incitent à la prudence.


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