L'Association européenne de la presse environnement a, comme chaque année, remis ses trophéesde l'innovation, les EEP Awards, à l'occasion du salon Pollutec. Les trois premiers prix récompensentun procédé néerlandais de recyclage des plastiques, un équipement automatisé de déballage des produits alimentaires et, en troisième position, le français Lombritek avec sa station d'épuration. Les sept autres nominés illustrent l'actualité de l'environnement en 2010.
Or
Plastinum recycle les plastiques en mélange
Pour réutiliser les matières plastiques, il existe deux voies principales : soit la séparation en fonction de la nature du polymère, soit l'utilisation en mélange (compoundage). Dans les deux cas, on fait fondre le plastique et la matière qui en résulte est souvent de qualité médiocre. Avec Blendymer, Plastinum Polymer Technology utilise des plastiques en mélange pour créer un nouveau polymère (baptisé Infinymers) aux propriétés maîtrisées et répondant aux exigences de l'industrie. Pour cela, Plastinum associe le mélange physique des matières à la création de nouvelles liaisons chimiques. La commercialisation a débuté en 2009, et la capacité de production devrait atteindre 50 000 tonnes par an en 2011.
Pays-Bas
Nils Berten, nberten@plastinum.com
Argent
Norsk Biogass automatise le déballage alimentaire
Périmé, un paquet de jambon est destiné à l'enfouissement. Or, contenant et contenu sont recyclables. Norsk Biogass a conçu un équipement séparant la fraction à envoyer en compostage (les déchets fermentescibles) et celle à envoyer en recyclage (les plastiques). Baptisé BioSep, ce procédé norvégien est issu de cinq années de recherche. Il est commercialisé depuis 2009. Il se caractérise par un fort taux de séparation, conduisant à une perte de 2 % de matière organique (20 à 50 % avec les systèmes concurrents). Il traite de 7,5 à 10 tonnes de déchets par heure, soit 15 000 t/an.
Norvège
Ole S. Roed, rod@norskbiogass.no
Bronze
Lombritek purifie les eaux usées à moindre coût
Lombritek est distingué pour deux procédés : la lombrifiltration pour assainir les eaux usées des communes de 1 000 à 5 000 habitants, et le lombricompostage, pour les déchets fermentescibles des villes de 2 000 à 20 000 habitants. La faisabilité de ce procédé a été montrée sur la station expérimentale de Combaillaux, dans l'Hérault, qui traite 150 m3 d'eaux usées par jour. Il est commercialisé depuis 2008. Les vers de terre ingèrent les impuretés des eaux usées et creusent les galeries qui permettent l'oxygénation des micro-organismes. Le procédé ne produit ni boues ni odeurs, et l'eau traitée peut être utilisée pour la baignade ou l'agriculture. Une installation de 2000 à 2 500 EH nécessite un investissement de 1,5 million d'euros, et 3 millions pour 3 500 à 4 000 EH.
France
Patricio Soto, p.soto@lombritek.com
Voir aussi Environnement Magazine, n° 1638.
Innovert trouve la fraîcheur dans les fondations
Rester au frais tout l'été en ne dépensant que 1 500 euros et un euro de frais de fonctionnement, sans fluide de climatisation, c'est la promesse d'Innovert. La société française a conçu un procédé qui utilise la fraîcheur des fondations, via un réseau de tuyaux d'eau. À 60 cm sous le sol, la température est proche de 15 °C. Une pompe de 20 kW conduit l'eau ainsi rafraîchie vers le plafond des pièces. Une maison de 113 m2 équipée de ce procédé a atteint la température maximale de 24,5 °C lors de l'été 2009, alors que le thermomètre extérieur affichait 36 °C.
France
Laurent Zibaut, laurent.zibaut@innovert.eu
Isa aide à réduire les consommations
Trois ans de recherche ont précédé le lancement, en décembre dernier au Portugal, d'iMeter Kit, une solution d'amélioration de l'efficacité énergétique. Celle-ci fait appel à des capteurs pour mesurer les consommations de gaz, d'eau et d'électricité, afin de les réduire. Les informations sont visibles en temps réel sur un écran installé dans le logement ou via un portail Internet. Les occupants du logement ont accès à des conseils en matière de tarifs ou de pistes d'économies, et des alarmes sont émises en cas de consommation anormale.
Portugal
Ana Meleiro, ameileiro@isa.pt
Klearsep traite la pollution en mer
Pour traiter les eaux contaminées par des hydrocarbures, des graisses, des antigels, des détergents, des métaux, etc., directement à bord des bateaux, la Société des eaux de Marseille propose Klearsep. Décantation et filtration sur des membranes céramiques vont jusqu'à réduire la concentration en d'hydrocarbures résiduels à 5 ppm, ce qui permet de rejeter l'eau en mer, selon les exigences de la convention Marpol. De plus, le coût est inférieur à celui d'un traitement à terre. Enfin, il ne nécessite pas de consommable et a besoin de peu d'énergie.
France
Gérard Lieutaud, gerard.lieutaud@eauxdemarseille.fr
Eneftech démocratise le cycle Rankine
Le suisse Eneftech utilise des turbines volumétriques à spirales au sein d'un petit moteur Rankine, afin de produire de l'électricité à partir de la chaleur non utilisée ou de sources renouvelables. Ce moteur fonctionne entre 120 et 200 °C, alors que la plupart des installations nécessitent une température supérieure à 300 °C. Les premières machines ont été livrées fin 2009, après cinq années de R & D.
Suisse
Antonio Mendes Nazare, a.mendesnazare@eneftech.com
Traiter les PCB in situ avec Biorem
Avec Biofloat, Biorem rend possible le traitement in situ des sédiments contaminés par les polychlorobiphényles (PCB), des polluants organiques persistants et toxiques. La société belge combine un mélange de polymères d'origine biologique (dont un dégradant les PCB) et un système d'injection dans les sédiments. Ce procédé, utilisé pour la première fois à l'échelle industrielle en 2009, est issu de huit années de R & D. Il a permis de faire chuter la concentration en PCB de plusieurs ppm à une fourchette comprise entre 30 et 120 ppb, cinquante-trois jours après l'injection de la solution. Les premières estimations chiffrent le coût de ce procédé entre 15 et 35 euros la tonne de sédiment sec, alors que les procédés actuels coûtent entre 40 et 120 euros la tonne.
Belgique
Wim de windt, wim.dewindt@biorem.net
Evodos promet performances et faible consommation
La technologie du néerlandais Evodos permet de séparer les très fines particules en suspension d'un liquide, ou deux liquides de densité différente. Le procédé combine centrifugation et flux laminaire (donc pas de produits chimiques), ce qui assure une faible consommation énergétique. Cette technique pourra notamment être utilisée dans le cadre des biocarburants de troisième génération, qui nécessitent d'extraire des micro-algues de leur milieu de culture. Des essais montrent une efficacité de 90 %. Autres applications : le traitement des effluents de pisciculture ou d'élevages porcins.
Pays-Bas
Marco Brocken, marco.brocken@evodos.eu
De Profundis va chercher la fraîcheur en eaux profondes
Contrairement aux Swac (Sea Water Air Conditioning) traditionnels, conçus pour 300 pièces, le système de Profundis s'adresse à des ensembles d'une cinquantaine de pièces. Ce Swac, installé sur le lac du Bourget, divise par trois le montant de l'installation et de l'investissement en matériel. Avec un coût de 20 000 euros, le retour sur investissement se situerait entre deux et sept ans.
France
Bruno Garnier, bruno@mahananui.pf
Voir aussi EM Hebdo, n° 33.