Le fabricant de mobilier professionnel Majencia fait son entrée dans le monde du recyclage. Avec son offre de reprise de tables, sièges et autres caissons de bureau, sa première motivation est d'accompagner ses clients dans leur politique de développement durable en proposant une alternative à l'enfouissement. La co-entreprise Majendi, créée pour l'occasion avec Operendi, pourrait bien, toutefois, élargir assez vite la palette de ses services et trouver sa place dans une filière où tout est à construire. La loi Grenelle 2 a prévu, en effet, la mise en place opérationnelle du dispositif de REP (responsabilité élargie du producteur) et de filières de collecte et de traitement du mobilier au 1er janvier 2011.
C'est sur la friche industrielle de Méré, dans l'Yonne (89), que le mobilier collecté sera déconstruit à partir de mars. Clin d'oeil de l'histoire, elle hébergeait déjà une activité de recyclage (de munitions) il y a une dizaine d'années. Les flux de matières seront séparés et répartis sur trois lignes de démantèlement. Le métal, le bois et le plastique y seront traités et conditionnés en fonction des besoins des entreprises de valorisation. « Les partenariats sont à construire matériau par matériau », indique Vincent Gruau, P-DG de Majencia. Pour l'acier par exemple, les débouchés sont connus et nombreux. L'enjeu est donc uniquement d'adapter la découpe aux gabarits demandés. Pour le bois, trouver des clients est un peu plus complexe. « Le stratifié et le mélaminé ne sont pas valorisables énergétiquement, surtout s'ils contiennent des adjuvants comme c'est le cas dans les vieux plateaux », poursuit-il. Les particules de bois peuvent, en revanche, être réagglomérées, en particulier pour une utilisation dans le BTP. Enfin, la matière plastique est triée ou broyée.
Les perspectives de développement sont fortes, si l'on en croit la bonne tenue du marché du mobilier. Un million de postes de travail neufs sont vendus chaque année en France. Ces mêmes perspectives sont beaucoup plus modestes si l'on considère le modèle économique de la valorisation. Recycler un bureau coûte deux fois plus cher que le mettre en décharge ! Chez Majencia, on préfère rester prudent. L'investissement initial est d'un million d'euros et le plan de développement prévoit trois embauches en 2011, puis une vingtaine d'ici à 2013 (avec un objectif d'insertion professionnelle). Vincent Gruau se veut toutefois optimiste. « Nos clients grands comptes montrent tous de l'intérêt. Ils ont des engagements à respecter sur la valorisation de leurs déchets et le recyclage du mobilier améliore fortement leur bilan carbone. »