Certaines fonctionnalités de ce site reposent sur l’usage de cookies.
Les services de mesure d'audience sont nécessaires au fonctionnement du site en permettant sa bonne administration.
ACCEPTER TOUS LES COOKIES
LES COOKIES NÉCESSAIRES SEULEMENT
CONNEXION
Valider
Mot de passe oublié ?
RECYCLAGE

L'emballage en CURE DÉTOX

LA RÉDACTION, LE 1er JUIN 2011
Archiver cet article
Newsletters
Toute l'information de cette rubrique est dans : Environnement Magazine
1 ALLÉGER LES EMBALLAGES Plus fins, plus petits, plus légers... Pour réduire les impacts des emballages de leurs produits les industriels exploitent à fond le filon de la réduction de la matière. Et explorent les nouvelles pistes du recyclé et des nouveaux matériaux. Cure de minceur dans l'emballage ! Coca-Coca et Evian ont perdu récemment 11 % de leur poids - en verre et en plastique -, les pots de yaourts de Danone ont fondu de 30 % en dix ans, Actimel, de la moitié ! Tous les secteurs sont touchés. Ainsi, Gigaset réduit les emballages de ses téléphones de 25 à 51 % en 2010 et 2011. Et, pour le vin, Saint-Gobain a conçu Ecova, dont la forme optimise le chargement en camions. Il faut dire que les incitations ne datent pas d'hier. Le point vert payé à Eco-Emballages depuis 1992, la directive 94/62 CE relative aux emballages et à leurs déchets ont créé des réflexes chez les fabricants. Et les résultats sont là. Depuis 1997, les quantités d'emballages mis sur le marché baissent régulièrement. Ne serait-ce qu'entre 2003 et 2006, les tonnages ont diminué de 236 000 tonnes, soit - 5 %. Un repli principalement lié à la baisse de la consommation des boissons, au recul du verre et à la disparition des sacs de caisse. En 2009, les quantités se stabilisent, bien que la population augmente. Les industriels atteignent en effet un palier. « Quasiment tout a été fait en termes d'optimisation au cours des quinze dernières années, estime Sylvain Pasquier, animateur du secteur emballage à la direction consommation durable et déchets à l'Ademe. Aujourd'hui, on touche à la fonctionnalité de l'emballage, ce qui implique que le consommateur va percevoir la modification. » Une étape que les marques ont repoussée aussi longtemps que possible. Car, au-delà de ses fonctions de respect de l'intégrité du produit et de transport, l'emballage est le premier contact avec le consommateur. Mais si, en 2000, ce dernier le jugeait nécessaire pour protéger et transporter le produit, en 2007, il est surtout considéré comme envahissant, selon une étude de TNS Sofres pour Eco-Emballages et l'Ademe. « Modifier l'emballage est avant tout un acte de communication. Cette évolution doit être au service du consommateur et implique d'explorer de nouvelles voies », explique Bertrand Ranvier, consultant en écodesign au sein du cabinet O2 France. Ainsi, quand Danone produits frais France réduit, en avril 2011, la taille des cartonnettes de ses paquets de yaourts en grand format, c'est un acte mûrement réfléchi et longuement accompagné d'une campagne de communication. Quatre marques et 47 références sont concernées, avec, à la clé, 1 000 tonnes de cartons économisés par an, soit l'équivalent de 1 800 tonnes d'équivalent CO2. Parfois optimiser implique d'adapter les gammes de produits. « Nous avons arrêté la taille standard de nos mouchoirs en papier vendus en étuis, conservant uniquement la version compacte, ce qui économise 5 tonnes de films plastiques », illustre Patrice Zirotti, ingénieur emballage et productivité chez Auchan. Autre solution : adopter des formules concentrées à l'emballage réduit. « Nous avons supprimé la référence de 3 litres d'assouplissant en faveur d'une formule concentrée de 750 ml. Bilan : 46 tonnes de plastiques évités, ainsi que 1 million de litres d'eau et 23 camions, sur 98, en moins », précise l'ingénieur. Avec Le Chat écoefficacité, Henkel troque un flacon de 1,5 litre contre une bouteille de 1 litre. Au passage, une réduction du poids de 84 %, qui se prolonge par des impacts réduits sur le transport. Attention, toutefois, à ne pas aller trop loin. « Nous avons testé le conditionnement de gnocchis en sachets au lieu de barquettes plastiques. Mais les ventes ont chuté fortement, et nous avons dû abandonner ce projet. Peut-être était-ce trop tôt », regrette Patrice Zirotti, chez Auchan. La voie est ouverte alors à la substitution de matériaux qui allège l'impact environnemental des emballages sans perturber le consommateur. Le plus souvent, il s'agit de l'introduction de matières premières secondaires. Essentiellement du PET et du papier recyclés. La première bouteille d'eau composée à 100 % de PET recyclé est commercialisée depuis fin 2010 par le groupe Saint-Amand. Cristaline, Evian et Volvic en incorporent 25 %. Dans le secteur cosmétique aussi, à l'instar d'Yves Rocher, dont les flacons des soins au corps intègrent, depuis 2010, 25 % de PET recyclé. « Nous ne pouvons pas aller au-delà car le plastique se teinte alors légèrement de bleu », remarque Véronique Gohmann, directrice marketing et communication chez Yves Rocher. Enfin, on peut aussi utiliser des plastiques issus de matières végétales, renouvelables, donc non fossiles. La grande nouveauté est l'arrivée de plastiques végétaux « jumeaux » de ceux issus du pétrole. Depuis fin 2010, le chimiste brésilien Braskem fabrique dans son pays 200 000 tonnes par an de polyéthylène issu de la canne à sucre. Son PE « végétal » se vend comme des petits pains : Danone l'utilise depuis avril pour sa bouteille d'Actimel, Ecover depuis juin pour ses produits liquides, et Procter & Gamble l'annonce pour trois de ses marques. Futura Polyester commercialise, quant à lui, un polyéthylène téréphtalate (PET), dont 20 % de la matière première est d'origine végétale. Volvic l'utilise en complément du PET recyclé. Chimiquement identiques aux plastiques issus du pétrole, ces deux matériaux présentent donc le grand avantage de suivre la même fin de parcours : le tri sélectif et le recyclage. À l'inverse, d'autres plastiques d'origine végétale, généralement à base d'amidon (comme le PLA), sont biodégradables par compostage. Ils sont théoriquement recyclables, mais l'outil industriel pour les recycler n'existe pas en France. « Ces plastiques sont plutôt destinés à des marchés de niche, comme celui des produits bio ou issus du commerce éthique », commente Christophe Doukhi de Boissoudy, président du Club bioplastiques, qui réunit fabricants et transformateurs de ces matériaux. On les trouve le plus souvent sous forme de films ou de barquettes. « Pour ces plastiques compostables, nous recommandons l'utilisation avec des produits eux-mêmes compostables, comme des fruits et des légumes », explique Christophe Doukhi de Boissoudy. Botanic a ainsi utilisé, en 2010, 1,2 million de pots de fleurs biodégradables en remplacement de plastiques issus du pétrole. « Les plastiques biodégradables d'origine végétale sont une amélioration, mais cette qualité n'est pas valorisée. Pour les produits ménagers, l'aptitude au recyclage prime », souligne Sylvain Pasquier, à l'Ademe. L'expérience aidant, les entreprises font de plus en plus systématiquement appel à des analyses de cycle de vie pour estimer l'impact réel d'un changement d'emballage. Les effets rebond, où l'on déplace une pollution due à l'emballage primaire (au contact du produit) en amont dans la chaîne logistique, par exemple en renforçant les cartons de transport, sont analysés. Ainsi, avant d'opter pour des matériaux plastiques alternatifs, Auchan attend la preuve que leur bilan environnemental est plus favorable que celui des matériaux classiques issus des ressources fossiles. Pour l'instant, la préférence est donnée aux matériaux recyclés. « Notre priorité est de ne pas perturber le recyclage », insiste Patrice Zirotti. La démarche révèle parfois des a priori. « Nous avons démontré à un client qu'utiliser un emballage en plastique à la place d'un carton améliorait le profil environnemental de son produit. Mais il n'a pas pour autant renoncé au carton, qui bénéficie d'une meilleure image », regrette Samuel Cattiau, directeur du cabinet spécialisé en design responsable Etoile Azelie. Autre cas de figure : il est parfois nécessaire de renforcer un emballage primaire pour réduire l'emballage secondaire et optimiser l'impact global. Reste le dernier maillon : le consommateur. « Il y a un décalage entre ce qu'un consommateur se dit prêt à faire, par exemple trier ses déchets, et ses actes au quotidien », explique Samuel Cattiau. Chez Etoile Azelie, ce paramètre est pris en compte dans l'établissement d'un profil environnemental. « Le verre est recyclable, mais comme il est beaucoup collecté en apport volontaire, les consommateurs ne participent que modérément à son recyclage. De plus, son transport coûte cher. Dans certains cas, nous recommandons donc le plastique. » Pour réduire encore l'impact des emballages, il va donc falloir jouer tout en finesse. Et il reste des marges de manoeuvre. Dans son nouvel agrément, en vigueur depuis janvier 2011, Eco-Emballages a ainsi pour objectif de réduire de 100 000 tonnes par an les emballages mis sur le marché - sur un gisement de 5 millions de tonnes. « C'est la première fois qu'un objectif chiffré est fixé à Eco-Emballages. Il est réaliste », note Sylvain Pasquier, à l'Ademe. Et pour être plus incitatif, les nouvelles règles fixant le montant du point vert entrent en application le 1er janvier 2012. 2 SUPPRIMER L'EMBALLAGE Après avoir allégé papier, carton et plastique, rogné sur les surfaces, fait appel à des matériaux moins néfastes à l'environnement, que reste-t-il comme solution ? Supprimer l'emballage, tout simplement. « Aujourd'hui, c'est de plus en plus difficile de réduire les emballages », reconnaît Patrice Zirotti, ingénieur emballage et productivité chez Auchan. Car en matière d'allègement, beaucoup a été fait. Reste donc à les supprimer. Si cela était impensable il y a quelques années, le tabou est désormais levé. Dans plusieurs secteurs, des initiatives existent. Les trophées Eco-Emballages 2010 ont d'ailleurs récompensé la PME Charles Faraud, qui a supprimé le carton entourant ses quatre compotes. Aisée sur les produits d'hygiène ou agroalimentaires, la suppression de l'emballage est moins facile en cosmétique. « Ce sont des produits d'image : difficile de retirer l'étui d'une crème. Sans compter les obligations légales d'informations, qui imposent de détailler la composition », explique Patrice Zirotti. Il existe pourtant des pistes. Yves Rocher supprime, autant que possible, les notices en les imprimant sur les flacons. C'est également la première marque de beauté à avoir proposé l'écorecharge pour une crème, en 1996. Son shampooing Hamamélis est même disponible en écorecharge depuis 1993. « Nous vendons 3 millions d'unités dans le monde, et une femme sur deux recharge. C'est à la fois peu et beaucoup, car en cosmétique, les clientes aiment la nouveauté », commente Véronique Gohmann, directrice marketing et communication chez Yves Rocher. Pour les parfums, la marque y réfléchit. D'autres ont déjà franchi le cap. Kenzo propose désormais des recharges en poches souples pour son parfum FlowerByKenzo, à moins que la cliente ne préfère remplir son flacon à la « fontaine », en magasins. Si le concept n'est pas nouveau - des parfumeurs indépendants, comme L'Artisan parfumeur à Paris, ou d'autres marques comme Thierry Mugler, le pratiquent - il prend ici une dimension inédite. La vente en vrac, avec ces fontaines, une pratique très ancienne, revient ainsi sur le devant de la scène. Elle se diffuse dans les supermarchés, notamment Auchan, pour les produits agroalimentaires de base. Et elle se dote d'une touche de technologie avec Xavier Masselin. « Remettre au goût du jour les vieilles idées du vrac et de la consigne m'a guidé dans la conception de l'écodistributeur », raconte cet ingénieur spécialisé en maintenance et en production. De quoi s'agit-il ? D'un système automatisé de recharge dont la conception évite tout risque de contamination du produit. Pour l'instant, deux clients le testent, avec des philosophies différentes. D'un côté, Carrefour laisse au client la liberté de choix du contenant, qui achète par paliers de 250 ml son liquide vaisselle ou sa lessive - un produit, baptisé « Ecolomalin », spécialement développé par Ecocert pour la distribution en vrac. D'un autre côté, Henkel propose Le Chat écoefficacité, avec un emballage imposé à acheter une première fois. La recharge coûte environ 10 % moins cher que la référence en rayon. Depuis novembre 2010, treize machines ont déjà été installées. « Je travaille sur d'autres gammes de produits, notamment avec un domaine viticole pour vendre le vin au domaine », explique Xavier Masselin, qui vise un chiffre d'affaires de 400 000 euros pour la première année d'exercice de sa société Eco2Distrib. Pour convaincre, il propose un logiciel qui quantifie l'empreinte carbone du produit ainsi distribué. Pour Le Chat, c'est une réduction de 83 % des volumes d'emballages plastiques et de 35,2 tonnes de CO2 évitées. Au-delà des emballages évités, le vrac comporte d'autres avantages. Pour le producteur et le distributeur, les obligations légales d'affichage sont moins importantes que pour les produits emballés, et c'est le consommateur qui est responsable de l'hygiène de son emballage. La réduction des emballages, c'est également le dada d'Ecosciences Provence. Cette association est à l'origine des labels « Commerce engagé » et « Producteur engagé », sur le territoire du Syndicat intercommunal pour la valorisation et l'élimination des déchets, le Sived, dans le Var. « Tout est parti de la volonté de supprimer les sacs de caisse en 2006. La concertation a abouti à un programme pour changer les modes de consommation », retrace Mikaël Schneider, coordinateur général d'Ecosciences Provence. Ainsi, l'association a récemment mis en place la consigne du verre des bouteilles de vin avec des distributeurs et des domaines vinicoles (voir EM 1694 p. 22) et réfléchit à son extension. « Nous soutenons la vente en vrac : un torréfacteur offre une ristourne aux clients qui viennent avec leur emballage, un coiffeur remplit les flacons de shampoing, une jardinerie a mis en place un troc de pots... », énumère Mikaël Schneider. L'emballage remplacé par une communication directe entre vendeur et acheteur : tout un programme ! 3 SE MÉFIER DES FAUX AMIS Le mieux est l'ennemi du bien. Pour éviter les chausse-trapes en matière de choix de matériau ou de type d'emballage, voici quelques recommandations. LES PLASTIQUES BIODÉGRADABLES Pas de filière de traitement adaptée Ces matériaux se dégradent dans des conditions de compostage industrielles (généralement, entre quarante-cinq et soixante jours, dans un milieu humide et proche de 60 °C). Or, sauf exception, ni les déchets issus du tri sélectif ni ceux de la poubelle résiduelle ne sont compostés. Ils ne se dégradent pas non plus dans le composteur de jardin, et encore moins dans la filière de traitement des déchets ménagers. Autre grief : certains sont issus de culture OGM ou entrent en compétition avec des cultures vivrières. LES PLASTIQUESD'ORIGINE VÉGÉTALE Oui, mais... Encore faut-il qu'ils soient recyclés. Substituer un polyéthylène d'origine fossile par du polyéthylène d'origine végétale améliore certes le bilan carbone de l'emballage, mais celui-ci n'est pas toujours recyclé. Exemple : Actimel de Danone. Du fait de sa petite taille, elle passe généralement entre les mailles des centres de tri. Danone estime que l'objectif de recyclage des emballages ménagers, qui doit passer de 63 à 75 % entraîne la modernisation des centres de tri et que le recyclage de ce produit s'améliorera au cours des prochaines années. LES RECHARGES EN FILMS SOUPLES On déplace la pollution Remplacer une bouteille par un berlingot, souple, non recyclé, n'est pas toujours pertinent. D'une part, la bouteille en plastique rigide est recyclée, alors que le berlingot, dans un film souple, ne l'est pas. « D'autre part, les bouteilles contribuent à la rigidité du carton lors du transport du produit. Ce qui n'est pas le cas du berlingot, qui nécessite un carton renforcé, donc plus épais », souligne Pascale Fondeur, chez O2 France. LES PLASTIQUES OXO Pas vraiment biodégradables Dit oxodégradables, voire oxobiodégradables, ces plastiques issus du pétrole comportent des additifs à base de cobalt - entre 3 et 5 % - qui entraînent leur fragmentation sous l'effet de la lumière. Mais la preuve de la dégradation de ces fragments par des micro-organismes n'a jamais été apportée. Dans un avis rendu public en mai 2009, le Conseil national de l'emballage souligne que ces plastiques ne sont pas biodégradables, et ne sont pas compostables au sens de la norme NF EN 13432. Il recommande d'interdire l'utilisation des termes « bioplastique » et « biodégradable » pour ces plastiques.


PARTAGER :
À LIRE ÉGALEMENT
REP emballages professionnels : un cadre désormais stabilisé, des enjeux colossaux à relever
REP emballages professionnels : un cadre désormais stabilisé, des enjeux colossaux à relever
Paprec signe un contrat historique : 1,3 milliard
Paprec signe un contrat historique : 1,3 milliard
À Rochefort-sur-Nenon, la cimenterie Eqiom valorise les déchets pour un ciment plus écoresponsable
À Rochefort-sur-Nenon, la cimenterie Eqiom valorise les déchets pour un ciment plus écoresponsable
Tribune | Acier recyclé : un géant endormi de la transition écologique
Tribune | Acier recyclé : un géant endormi de la transition écologique
TOUS LES ARTICLES RECYCLAGE
Les plus lus