Si le tri des plastiques progresse, il reste une catégorie en déshérence : les plastiques en mélange, issus du démantèlement des déchets électriques et électroniques (D3E), des jouets, des véhicules hors d'usage (VHU), des plastiques agricoles ou de l'industrie. Car des machines de broyage sortent des morceaux de petite taille, de nature chimique et de couleur différentes. Un défi relevé par Polival, qui démarrera à la fin de l'année à Montluçon (Allier), une unité de tri spécialisée pour un investissement de 11 millions d'euros. « Au coeur du territoire, pour maîtriser les coûts de transport et les émissions de CO2 », commente Pierre Valentin, président et fondateur de Polival. Le tri est effectué à 90 % par 27 machines optiques combinant les technologies laser, infrarouge et rayons X. Les plastiques sont séparés en fonction de leur nature : polypropylène, polyéthylène, PVC, polycarbonate, ABS, etc. Deux machines à rayons X, fournies par Titech, distinguent les plastiques contenant des retardateurs de flamme bromés, proscrits par la directive Reach. « L'opération est plus ou moins longue en fonction de la complexité du gisement. Par conséquent, les quantités traitées oscilleront entre 40 000 et 70 000 tonnes par an », précise Pierre Valentin. Les plastiques triés sont ensuite transformés en compounds pour réutilisation en plasturgie.