Les annonces de fermetures d'entreprises et de réductions de l'activité s'amoncellent ces derniers jours. Lors de la conférence nationale de l'Industrie, Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, a rappelé que l'industrie française avait perdu 740 000 emplois et que 900 usines avaient fermé en l'espace de 10 ans. Le gouvernement propose un «grand pacte national pour la croissance, la compétitivité, et l'emploi». Louis Gallois, commissaire général à l'investissement sera chargé de mettre au point ce pacte. Il rendra ses conclusions à la mi-octobre. Parmi les points qui seront abordés figurent la compétitivité des entreprises, la question du coût du travail et du financement de la protection sociale. «Je souhaite que l'ensemble des leviers de la compétitivité soit discuté et cela sans tabou», a souligné Jean-Marc Ayrault, premier ministre sans évoquer une possible hausse de la CSG. Un livret d'épargne industrie devrait être créé destiné au financement des PME et des industries innovantes. La banque publique d'investissement destinée également à financer les entreprises p o u r r a i t avoir une déclinaison territoriale pour être au plus près des réalités du terrain. Les ressources énergétiques et les matières premières devront être intégrées dans le pacte afin de « sécuriser l'approvisionnement de notre industrie. » Parmi les instruments destinés à la reconquête industrielle, le ministre s'est également arrêté sur l'innovation. La politique des pôles de compétitivité sera poursuivie. « Ils ont apporté la preuve, jusque-là, de leur efficacité, en rapprochant grands groupes, PME, laboratoires de recherche et universités. » Il prévoit cependant d'abandonner le saupoudrage de l'argent public pour recentrer l'action de l'État sur les pôles les plus prometteurs et veiller à ce qu'ils soient pilotés au niveau le plus approprié, par l'État pour les pôles nationaux ou internationaux et par les régions pour les pôles de proximité. Arnaud Montebourg a exprimé le souhait que la conférence nationale de l'Industrie « enrichisse ses travaux, d'abord en créant de nouveaux comités stratégiques de filière, dont un sur l'énergie, un sur les matières premières et les industries de première transformation et un sur les enjeux de la déconstruction. »